Davide Balula : Le Lac, Le Mensonge

 date

du 16/05/2008 au 31/08/2008

 salle

Confort Moderne,
Poitiers

 appréciation
 tags

Confort Moderne / Davide Balula

 liens

Confort Moderne

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Connu pour son travail musical pop-folk (ces pages évoquèrent ainsi son album paru en 2003 chez Active Suspension et plusieurs concerts donnés à la même période), Davide Balula intervient également dans le champ plastique. Afin de rendre compte de ses travaux, l’artiste est accueilli pendant tout l’été au Confort Moderne de Poitiers, lieu tout à fait idoine puisque l’espace compte une salle de concerts ainsi qu’un entrepôt dédié à des expositions d’art contemporain.

Comme on pouvait aisément l’imaginer, le trentenaire aime à mêler, dans quelques-unes de ses œuvres, musique et arts plastiques. Cependant, au-delà de cet alliage de plus en plus fréquemment croisé, on saluera plutôt ici la capacité de Davide Balula à intégrer éléments et phénomènes naturels dans ses productions. La musique peut ainsi lui servir à faire pousser des orties (par propagation des ondes émanant de la lecture d’un LP : Heartbeat Exciter) ou à accélérer le vieillissement des œuvres (par conversion de fragments sonores en impulsions lumineuses : 1/24). Par ailleurs, le Parisien présente plusieurs pièces liées à la chaleur, vue comme source de production (deux pièces, l’une refroidie à 4°C et l’autre chauffée à 40°C, mettent le spectateur en état de choc thermique et peuvent même générer de l’électricité : La Grippe), de détérioration (les résidus de pétards explosés le jour du vernissage de Can’t remember the Speed of the Blast), voire de révélation des phénomènes physiologiques (Fever dans laquelle des tubes en inox sont chauffés à 40°C, seuil précédant la phase hallucinatoire de la fièvre).

Rapidement, le spectateur se rend alors compte que l’ensemble du propos du jeune Français tourne autour du processus de recréation. Qu’il s’agisse des plantes poussant artificiellement, d’un rayon lumineux figurant le soleil perçant le toit de l’entrepôt (Les Trous) ou de structures de verres simulant des ondes de choc (Flaque), tout traduit une volonté de représentation du réel, comme si toute action humaine n’était en vérité que mensonge et copie de la nature. Tandis que le titre de l’exposition prend alors tout son sens, on en vient à se demander si l’homme ne peut donc s’accomplir que dans la reproduction, incapable de générer par lui-même, réduit à falsifier l’existant pour mieux le saisir (Moulage d’une trompette qui reprend, en néon, le passage de l’air dans l’instrument). Poursuivant ces interrogations, Davide Balula nous conduit à nous questionner sur la pérennité des activités humaines, mettant en balance la permanence des événements naturels et le caractère éphémère d’actions comme une explosion, un coup porté sur une grosse caisse (Echo Kicked Drum Murd Dekcik Ohce) ou un set live (360, transparent, sa guitare encore branchée et son ampli toujours allumé). Très éloigné d’un propos qui consisterait à glorifier l’état de nature au détriment des réalisations humaines, l’artiste trouve plutôt un juste équilibre entre approche scientifique, démarche artistique et positionnement plus métaphysique.

François Bousquet
le 21/07/2008

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