Bridget Riley : Rétrospective

 date

du 12/06/2008 au 14/09/2008

 salle

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
 tags

Bridget Riley / Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 liens

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Figure importante de l’Op’art dans les années 1960 et 1970, Bridget Riley a eu le bon goût de ne pas limiter sa production à ce courant pictural qui peut rapidement s’avérer daté et répétitif. Une large rétrospective, à l’accrochage naturellement chronologique, permet ainsi de retracer son évolution, de ses premières études dessinées à ses récents et immenses wall paintings.

Travaillant uniquement en noir et blanc dans ses premières années, la Britannique y jouait donc des illusions d’optique, dans des compositions parfois vertigineuses (Mouvements en carrés), parfois difficiles à supporter à l’œil (Tomber), faisant naître du relief (Frémir) ou une teinte mauve au milieu des lignes bichromiques (Crête), voire allant jusqu’à donner l’impression que le châssis est déformé par l’action de ses droites (Brûler, Grelotter). Alors que les formats s’agrandissent et que de véritables teintes font leur apparition, les formes semblent s’épurer pour se faire plus abstraites et moins évocatrices. L’utilisation massive de rayures permet alors de faire interagir les couleurs employées, les conduisant à changer par capillarité : le rose devient orange quand il est placé à côté d’un bleu (Attirer 2).

Revenant aux courbes, Bridget Riley y rejoue des illusions (Clepsydre 1, Andante 1 et leurs sortes d’algues ondoyantes) avant d’avoir recours, dans les années 1990 à des coloris plus marqués. La série des « Peintures égyptiennes » se distingue ainsi par l’emploi de la peinture à l’huile afin d’intensifier les teintes tandis que les formes se font à nouveau plus basiques (alignement de rayures). Peu après, suivant un mouvement de balancier, l’Anglaise retrouve des structures plus dynamiques avec des losanges de taille variable qui impriment un mouvement certain aux toiles (New Day). Au tournant du siècle, elle opte pour des éléments plus stylisés et aux formes plus arrondies, un peu comme des flammèches (Peinture avec deux verticales 4). Peut-être plus « jolies » à l’œil, ces œuvres nous paraissent toutefois moins bien fonctionner que ses travaux précédents du fait de leur radicalité moindre et de leur plus grand anthropomorphisme (la volonté de singer les mouvements de la danse est ici assumée). En revanche, l’exposition se termine par des wall paintings dans lesquels Bridget Riley s’émancipe complètement des strictes dimensions de la toile, occupant toute la courbe du musée (Composition avec cercles 6, joliment tautologique) ou débordant ouvertement du cadre pictural (Wall Painting 1).

François Bousquet
le 07/08/2008

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