Stéphane Calais : L’Amour

 date

du 12/09/2008 au 09/11/2008

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Stéphane Calais

 liens

Crédac

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Actif depuis une bonne quinzaine d’années et après quelques expositions personnelles remarquées (notamment à la Villa Arson en 2004), Stéphane Calais bénéficie d’un nouvel éclairage en cet automne 2008. Finaliste du Prix Marcel Duchamp, l’artiste présente également une monographie au Crédac d’Ivry-sur-Seine, dans laquelle il peut mêler son amour du dessin et sa science de l’installation, le tout au service d’un travail sur le processus de création.

À cet égard, celui-ci est largement décliné dans les quatre salles de l’exposition : de manière « négative » (John à temps, John attend : machine à peindre faite de lés de moquette tachés de peinture noire qui recouvre peu à peu, en le défigurant, le dessin initialement tracé à même le mur), en optant pour une approche plus pédagogique (la série de dessins M. H. S. dans laquelle sont juxtaposés les niveaux de gris utilisés par l’artiste, une photo de son atelier et le résultat, portraits de quelques personnages historiques), plus interactive (les dix-huit lampes en rhodoïd pliés et peints de Maintenant/Now qui ne s’allument qu’à l’approche d’une présence humaine, synchronisant leur clignotement sur la lecture d’un poème) ou via la destruction de La Chambre, dont il ne reste que quelques bribes de murs et trois poutres, semblables à des pales d’hélicoptère.

Au-delà de cette recherche sur le work in progress, Stéphane Calais oppose les couleurs vives et chamarrées des lampes aux niveaux de gris et teintes noires de la salle précédente (celle dans laquelle on trouvait John à temps, John attend et M. H. S.). Plus encore, cette opposition trouve son pendant dans les dessins, proches des silhouettes, de friandises (pommes d’amour, barres de toblerone, gaufres, pâtisseries divers) qui recouvrent les murs extérieurs de la chambre défoncée. Eux-mêmes sont d’ailleurs vécus comme le prolongement des fresques réalisées, sous la contrainte nazie et dans la chambre de son jeune fils, par le dessinateur juif polonais Bruno Schulz. On passe ainsi, sans véritablement s’en être rendu compte et, partant, sans la pesanteur qui aurait pu gagner telle réminiscence, de représentations sucrées et insouciantes à l’évocation en creux de la Shoah.

François Bousquet
le 12/10/2008

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