Jackie-O Motherfucker / Valet

 date du concert

21/10/2008

 salle

Flèche d’Or,
Paris

 tags

Flèche d’Or / Jackie O Motherfucker / Valet

 liens

Flèche d’Or
Valet

Régulièrement présent sur les scènes franciliennes, le collectif Jackie-O Motherfucker avait emmené avec lui, pour cette tournée automnale, Honey Owens, membre intermittente du groupe et qui put ainsi en profiter pour nous présenter Valet, son projet solo. Les deux albums publiés concluants sur Kranky par la jeune femme nous avaient mis en attente d’une telle prestation et nous nous rendîmes donc sans hésitation à la Flèche d’Or, salle qui ne nous avait pas forcément habitués à une programmation aussi pointue.

Arrivés un peu en retard, nous ratâmes le concert d’Inca Ore, auteur récemment d’un split album avec Grouper, et la soirée débuta donc en ce qui nous concerne par le set de Valet. Accompagnée de Tom Greenwood, fondateur de Jackie-O Motherfucker, à la guitare, Honey Owens se tenait debout, alternant passages où elle opérait avec sa basse à six cordes et moments où elle n’intervenait que vocalement. Dans les deux cas, la volonté de l’États-unienne de superposer les couches sonores était la même, empilant les boucles, additionnant les vocalises ou leur associant filtres et travaux à la pédale. Muni d’un e-bow, son comparse s’alignait sur ce désir d’installer une plage quasi-continue, dans une atmosphère torturée qu’on avait déjà pu percevoir sur disque. Lorsque Greenwood, dans le dernier tiers du set, se mit à pincer ses cordes, son apport se dirigea vers quelque chose de plus psyché, résultant aussi bien de cette technique de jeu que du son plutôt métallique de son instrument. Probablement moins emballante, cette dernière partie d’une courte prestation (vingt minutes au cordeau) nous laissa avec un sentiment d’ensemble partagé.

Le temps d’aménager le plateau et les membres de Jackie-O Motherfucker prirent place ; en vérité, on retrouva Honey Owens et Tom Greenwood, rejoints par Danny Sasaki à la batterie et Nick Bindeman à une seconde guitare. Moins bruitiste que le souvenir qu’on avait du groupe, leur set prit la forme d’une succession de morceaux drone-folk dans lesquels des bribes de chant étaient soit mises en boucle, soit superposées de facto lorsque Greenwood et Owens se saisissaient en même temps des micros. Passant d’un travail aux balais à des interventions plus marquées aux baguettes, Sasaki s’intégrait à merveille dans les strates musicales mises en place par ses compères placés devant lui, tandis que Bindeman s’adonnait à un jeu comportant quelques phrases mélodiques. Pour les deux derniers morceaux, le quatuor vit le ralliement d’Eva Saelens (Inca Ore) qui se plaça à côté d’Honey Owens afin de rajouter une partie chantée. Alors que l’une opérait « en direct » et sans filtre, l’autre voyait sa voix agrémentée d’un delay qui soulignait plus encore la dimension évanescente de ces contributions psalmodiantes, éléments essentiels d’un concert pleinement convaincant.

François Bousquet
le 26/10/2008

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