Damián Ortega : Champ de Vision

 date

du 13/11/2008 au 09/02/2009

 salle

Centre Pompidou, Espace 315,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou, Espace 315 / Damián Ortega

 liens

Centre Pompidou, Espace 315

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Des attentions
(Crédac)

Artiste d’une quarantaine d’années, Damián Ortega s’était surtout fait connaître jusqu’à présent pour une création présentée à la Biennale de Venise en 2003 dans laquelle il déconstruisait une Coccinelle Volkswagen et en suspendait au plafond les composantes. Adepte d’un minimalisme volontiers porté sur le poétique, le Mexicain a conçu spécialement pour l’Espace 315 du Centre Pompidou Champ de Vision, installation travaillant la perception visuelle.

Une fois entré dans le lieu d’exposition, on se trouve ainsi confronté à une vingtaine de lignes de suspensions, un peu comme ces rideaux que l’on trouve dans certaines maisons méridionales, permettant d’accrocher des sphères de plexiglas coloré (jaune, rouge, noir et bleu). Dans cet espace quasi-labyrinthique, on progresse en s’apercevant que les alignements se font de plus en plus rapprochés, de moins en moins larges (comme si l’installation se réduisait au fur et à mesure) et avec des sphères au diamètre de plus en plus petit (12 cm au début, 1,3 à la fin). Évoluant dans cet environnement aux teintes vives, sans véritablement savoir où le plasticien veut en venir, le spectateur, tandis que monte doucement un sentiment d’attente pas si désagréable, se contente pour l’instant de la satisfaction générée par ce chromatisme immédiatement accessible.

Invité à passer de l’autre côté d’un mur et à coller son œil contre un œilleton, on découvre alors, à la manière d’une camera obscura, l’installation sous un autre angle, sous un jour nouveau : l’ensemble des sphères, leur alignement soigneusement étudié, leur espacement savamment calculé produit un effet d’optique laissant apparaître un œil. Le recul généré par l’utilisation du judas donne donc naissance à une véritable image, nette et distincte alors qu’auparavant, on déambulait au milieu de modules plastiques dont on n’imaginait pas qu’ils fassent sens. L’idée de l’œil ainsi reconstitué qui regarde l’œil du spectateur a beau être un peu facilement tautologique et le principe de l’exposition reposer sur ces jeux d’optique qui parcourent nombre de livres d’enfants, on se laisse quand même prendre par ce beau travail sur la relativité et le point de vue.

François Bousquet
le 11/12/2008

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