McDermott & McGough : An Experience of Amusing Chemistry

 date

du 5/11/2008 au 25/1/2009

 salle

Maison européenne de la photographie,
Paris

 appréciation
 tags

Maison européenne de la photographie / McDermott & McGough

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Issus de la prolifique scène new-yorkaise des années 1980, David McDermott et Peter McGough se partagent à présent entre la ville états-unienne et Dublin. Précisément, leur travail témoigne de ce double attachement : sur le plan pictural, ils brillent par une appropriation des techniques développées par Roy Lichtenstein (on se souvient de leur très belle exposition Please don’t stop loving me ! il y a deux ans à la Galerie Jérôme de Noirmont), tandis que sur le plan photographique, il s’agit de faire allégeance au Royaume-Uni et à l’Irlande de la fin du XIXe siècle.

La rétrospective que leur consacre la Maison européenne de la photographie permet de faire le point sur ce second aspect de leur démarche, marqué donc par une fascination pour cette période historique. Habillés sur leurs autoportraits comme ceux qu’on a appelé les Incroyables, attirés par des accessoires qu’ils prennent en photo (haut de forme, crochet à boutons), charmés par la figure d’Oscar Wilde au point de reproduire le célèbre portrait de l’écrivain (A Portrait of a French Man, 1880), les artistes donnent également vie, dans leur série Les Recréations Scientifiques, à un livre illustré publié en 1881 par Gaston Tissandier, savant français qui présenta plusieurs expériences ludo-scientifiques. Ce décalage permanent, résultant de cet amour pour cette fin de siècle, se manifeste aussi dans l’utilisation de divers procédés photographiques imaginés à l’époque (gomme bichromatée au résultat proche d’un filtre bleu, vert ou rouge, Palladium, cyanotype ou sel) ou dans une présentation de simples objets souvent quasi-naturaliste, mais pouvant virer au morbide (vanités, squelette habillé : Reflections of a Dead Body, 1884). De même, les encadrements avec leurs larges baguettes en bois participent de ce qui peut néanmoins, à force, vite tourner à la posture et faire perdre toute distance au duo. Quand ils s’intéressent aux églises et cimetières, les photographies de McDermott et McGough se parent par exemple d’un sepia carte-postalisant dénué de toute vision réelle (Glasnevin Cemetary, Dublin, Ireland, november 1865, Statuary Remains, Sceaux, 1865).

A contrario, on préférera largement les séries dans lesquelles un traitement franchement ironique est privilégié. Ainsi en est-il des figures religieuses comme Saint Jérôme, la tombe de Lazare, cabane de pierres et de bois au milieu d’une forêt, ou, plus encore, de leur variation dix-neuvièmiste de la Cène (The Last Supper, 1898), avec ce qu’il faut de signes indicateurs (toges, agencement général de la scène avec sa longue table en travers et ses convives placés derrière, personnage central nous regardant fixement) et de recul espiègle dû à la confrontation des styles. Ici, à la différence de Pierre & Gilles, autre couple célèbre travaillant sur les icônes, les États-uniens semblent moins se complaire dans l’artificiel en ne faisant pas tellement appel à un décorum factice et à un trop-plein de codes et renvois. C’est donc en se montrant moins ensorcelés par leur sujet et moins directement impliqués que McDermott et McGough se font pleinement convaincants.

François Bousquet
le 10/01/2009

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