Mexico : Expected / Unexpected

 date

du 26/10/2008 au 18/1/2009

 salle

Maison Rouge,
Paris

 appréciation
 tags

Ana Mendieta / Damián Ortega / Doug Aitken / Francis Alÿs / Gabriel Orozco / Gordon Matta-Clark / Lygia Clark / Maison Rouge / Rivane Neuenschwander / Tatiana Trouvé / Tercerunquinto / Thomas Struth

 liens

Maison Rouge

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Assez réservés quant au bien-fondé des expositions présentant des collections privées, nous avons souvent l’impression qu’elles servent à attester du bon goût de leurs propriétaires tout en faisant grimper la côte des artistes représentés. C’est donc avec quelque circonspection que nous nous rendions à la Maison Rouge pour y découvrir une cinquantaine de pièces de la collection d’Isabel et Agustin Coppel, Mexicains vivant à Culiacán, capitale de l’État fédéral de Sinaloa et plaque tournante du narcotrafic.

Implantés dans le développement de cette cité de sept cent cinquante mille habitants, les Coppel ont notamment sélectionné des créateurs qui, précisément, tentent de se réapproprier l’espace urbain. Ainsi, le collectif Tercerunquinto dépose une dalle de béton au centre de Monterrey afin de recréer une agora, Melanie Smith photographie Mexico City d’hélicoptère pour en faire ressortir l’orthogonalité des lignes, Francis Alÿs rend compte de la recherche d’ombre des passants qui s’abritent dans le prolongement d’un immense drapeau disposé au centre de la plus grande place de Mexico City et Tatiana Trouvé crée, avec ses traditionnels barres métalliques courbées et jeu sur le reflet, sa première installation en extérieur qui ira dans le jardin botanique de Culiacán après avoir occupé le patio de la Maison Rouge. Plus stylisant, Ed Ruscha aligne des photos de station service avec un soin géométrique qui trouve un écho chez d’autres plasticiens à l’image des plaques de métal modulables de Lygia Clark ou des Metasquema d’Hélio Oiticica, peintures abstraites opérant sur les formes. Dans le prolongement de ces travaux, plusieurs artistes s’intéressent à des recherches à la lisière de l’architecture comme le célèbre Conical Intersect de Gordon Matta-Clark (vidéo contre-point de l’érection du Centre Pompidou), le Muro Falso de Ricardo Rendón (pan de mur poinçonné dont on retrouve les gros confettis en placoplâtre au sol) ou les recréations de Rivane Neuenschwander qui s’amuse à rejouer des monuments avec des tranches de jambon ou des spaghetti.

Au long d’un parcours ni-géographique, ni-chronologique et pas complètement thématique non plus, on repéra également plusieurs œuvres touchant à l’habitat comme la maison passée à la chaux prise en photo par Manuel Álvarez Bravo, la série Homes for America de Dan Graham ou les cabanes de William Eggleston. Au-delà de cette évocation du quotidien par le lieu de vie, il s’agit aussi de détourner les clichés en s’inspirant des traditions folkloriques. À ce titre, Pae White rappelle les couleurs vives et les guirlandes en un très joli mobile suspendu tandis qu’Abraham Cruzvillegas réalise une spirale mêlant tees de golf, fleurs marocaines et boules de cire. Même volonté de railler l’inconscient sociétal chez Doug Aitken qui place dans la vitrine de la Maison Rouge un néon proclamant 99 cents dreams, critique de ces boutiques-symboles du rêve américain.

Attachés à une réflexion sur le corps, Ana Mendieta tourne de petits films dans lesquels elle se trouve couverte de sang alors que Terence Koh montre le résultat d’une performance qui le voyait danser avec un squelette et éclabousser des miroirs de liquides divers (peinture, cire, sperme). Plus poétique, Damián Ortega reprend son travail de déconstruction des ensembles commencé avec sa célèbre Coccinelle Volkswagen pour s’attarder cette fois-ci sur une batterie dont il sépare les éléments avant de les suspendre, comme s’ils flottaient en l’air à la suite d’une déflagration. Enfin, parce qu’il faut bien faire le lien avec la jungle mexicaine, Thomas Struth livre un grand format luxuriant et Gabriel Orozco un très ironique Gato en la Jungla où une conserve de pâtée pour chat est mise au milieu de conserves de légumes verts. Quittant la terre pour l’immensité de l’univers, Rivane Neuenschwander conçoit de magnifiques mini-constellations en disposant sur une feuille noire de blancs confettis issus de la perforation du texte des Mille et Une Nuits.

François Bousquet
le 29/01/2009

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