Ron Arad : No Discipline

 date

du 20/11/2008 au 16/3/2009

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Ron Arad

 liens

Centre Pompidou

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Située dans la Galerie Sud du Centre Pompidou, la rétrospective consacrée à Ron Arad nous permet d’appréhender aussi bien le design que l’architecture, genres artistiques avec lesquels nous ne sommes pas forcément des plus familiers. Cependant, l’approche du créateur d’origine israélienne favorise les accointances avec un champ plus plasticien grâce à un travail ininterrompu sur la courbe et la forme sinusoïdale. Ainsi en est-il de son œuvre probablement la plus célèbre : la bibliothèque Bookworm, spirale agrémentée de planches destinées à poser quelques ouvrages.

Cette volonté permanente de remplir l’espace en sculptant le vide se retrouve également dans ses chaises longues (Beware of the Dog en forme d’ovale allongé), ses séries de fauteuils Oh Void oscillant entre cœur et ailes de papillon, ses chaises ‘Tom Vac’ à la coque évidée, sa bibliothèque This Mortal Coil aux allures d’escargot ou ses vases et suspensions. A contrario, lorsque ses objets se font plus massifs (fauteuils Afterthought et Uncut), lorsque des armatures apparaissent (fauteuil Rover Chair), toute légèreté disparaît au profit d’un aspect trop imposant visuellement. Préférant donc largement la fluidité des courbes, on pourra toutefois objecter que Ron Arad utilise les mêmes formes des fauteuils aux bibliothèques, des lampes aux vases, des chaises aux édifices présentés dans une partie de l’exposition consacrée à l’architecture, mais cet amour du tracé arrondi symbolise une signature indéniablement personnelle et reconnaissable.

Mise en espace par Ron Arad lui-même, l’exposition bénéficie d’une scénographie tautologique faisant la part belle à cette sculpture du vide (structure évidée, éclairage de tubes placés derrière un voile et séparant l’espace dédié au design industriel des pièces uniques) et à la forme de la spirale (la Bookworm serpente au sol, faisant office de guide-file). Intelligemment ouverte sur la ville (de larges baies vitrées donnent sur la rue Saint-Merri), cette monographie rappelle que les meubles du designer se sont démocratisés à l’extrême et que leur commercialisation par des enseignes comme Kartell ou Alessi les mettent à portée de tous. Signalons enfin l’absence heureuse de cartels et autres documents pédagogiques, le spectateur étant invité à se saisir, à l’entrée de la Galerie Sud, d’un grand plan plastifié listant les œuvres présentées. Sur le sol se pare de notes d’ateliers et dessins préparatoires, mais qu’on peut rapidement mettre de côté en choisissant de ne plus baisser les yeux et de concentrer son attention sur les pièces exposées.

François Bousquet
le 23/02/2009

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