KTL

IV

(Editions Mego / La Baleine)

 date de sortie

09/01/2009

 genre

Rock

 style

Ambient / Expérimental / Noise

 appréciation

 tags

Ambient / Editions Mego / Expérimental / Noise / Peter Rehberg / Pita / Stephen O’Malley

 liens

Peter Rehberg
Pita
Editions Mego
Stephen O’Malley

 autres disques récents
Franck Vigroux
Rapport sur le Désordre
(DAC Records)
Christina Vantzou
N° 4
(Kranky)
Erik Nilsson
The Imperfect Tense
(Hidden Shoal Recordings)
Ghost Flute & Dice
Live At Echokammer
(Attenuation Circuit)

Déjà le quatrième de la série, mais aussi le premier que l’on écoute sur disque pour notre part, après avoir vu ce projet de la façon pour laquelle il a été conçu, à savoir en tant que musique d’un spectacle de théâtre contemporain de Gisèle Vienne, Kindertotenlieder. C’est le genre de travail dans lequel on avait déjà pu apprécier Peter Rehberg alors qu’il collaborait avec Tujiko Noriko au sein de DACM pour Showroom Dummies ou Stereotypie.

KTL, c’est donc Peter Rehberg (ou Pita) et Stephen O’Malley, connu quant à lui pour son groupe de drone-metal Sunn O))). Une collaboration qui peut surprendre de prime abord, mais les deux hommes semblent partager bien plus qu’on ne pourrait le penser puisqu’à l’écoute de cet album (et peut-être des précédents) ils donnent l’impression d’être véritablement sur une même longueur d’onde, avec comme seule différence le moyen d’expression, l’un au laptop, l’autre à la guitare.
L’album débute comme on s’y attendait un peu, avec de grosses guitares lointaines mêlées à des textures noise feutrées, le tout étant parsemé de bruitages électroniques, jets crépitants. Il ne s’agit que d’une introduction nerveuse à un album qui va decrescendo, principalement axé sur deux pièces de 21 et 14 minutes. Avec Paratrooper, le tempo tourne déjà au ralenti, extrêmement répétitif, dominé par des riffs métronomiques et des percussions industrielles lourdes, mais le duo brode autour de cette base solide, ébauche des mélodies, fait tournoyer des souffles, tinter des notes électroniques et chanter les larsens.
A partir de Wicked Way les rythmiques disparaissent. Cet interlude permet de respirer après l’atmosphère un peu étouffante de Paratrooper, et se révèle ultra mélodique via des envolées de guitare tandis que la répétition d’une boucle électronique donne le tempo. Un tube en quelque sorte avant d’aborder le deuxième gros morceau de l’album, Benbbet. KTL vire alors franchement ambient, tout en subtilité : fins bruitages, lentes guitares mélodiques, grincements genre portail qui s’ouvre au gré du vent. Ambient, mais toujours sombre, et la menace ne fait que s’amplifier au fur et à mesure que des coups sourds, jets grésillants, déchirements et vifs riffs de guitare augmentent leur intensité.
Le calme revient et s’installe définitivement en fin d’album où l’on retrouve très clairement la part de chacun des artistes. Abstractions électroniques que l’on trouvera toutes en retenue comme si Pita laissait à Stephen O’Malley la part de violence (contenue), afin de garder un certain équilibre dans leur composisiton. On trouvera Eternal Winter assez classique dans sa construction, lui préférant du coup les 10 minutes de Natural Trouble, plus calme, plus fin, plus abstrait aussi, alignant glissements électroniques, craquements graves de prise jack, notes éparses provenant aussi bien de l’électronique que de la guitare. Un chef d’oeuvre.

Ceux qui connaissent déjà KTL peuvent se jeter sur celui-ci sans hésiter, quant à ceux qui ne connaîtraient pas encore le duo, IV nous semble être une excellente porte d’entrée.

Fabrice ALLARD
le 13/03/2009

À lire également

Angel
26000
(Editions Mego)
Cindytalk
Up Here In The Clouds
(Editions Mego)
Fenn O’Berg
The Return of Fenn O’Berg
(Mego)
21/09/2002
R. Haswell - Yasunao (...)
(Centre Pompidou)