Jimmie Durham : Pierres rejetées…

 date

du 30/1/2009 au 12/4/2009

 salle

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
 tags

Jimmie Durham / Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 liens

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Installé en Europe depuis 1994 après avoir passé le début de sa vie dans ses États-Unis natals, Jimmie Durham continue d’y défendre la cause cherokee (tribu indienne dont il est d’origine). Intégrant assez indirectement cette dimension revendicatrice dans son travail, l’artiste ne verse heureusement pas dans un discours uniquement politique, mais privilégie plutôt une recherche sur les matériaux, comme symbole de contestation. A cet égard, et dès le titre de l’exposition, la monographique que lui consacre le Musée d’art moderne de la Ville de Paris accumule créations utilisant pierres et cailloux.

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St. Frigo
(courtesy Ministère de la Culture du Portugal)

D’une œuvre à l’autre, la pierre peut se faire élément destructeur (Encore Tranquilité, cet avion écrasé par une immense roche que l’on voit sur les affiches et qui trône dans le hall du Musée ; A Meteoric Fall to Heaven et A Strone from François Villon’s House in Paris dans lesquels respectivement une chaise et une vitrine ont été brisées par une pierre), objet d’art en tant que tel (A Stone Rejected By The Builder dans lequel un cube minéral est posé sur un socle), point de départ d’une sculpture s’apparentant à une stèle (Four Stone Stabs Supporting Each Other), élément ironique (Prehistoric Stone Tool, panneau de polystyrène comme frappé par un silex et sur lequel un texte se termine par « ouch », « wow ! », « stop hitting me ! »), de rupture (Baby Please Don’t Go, plaque de diorite écrasant une paire d’escarpins blanc) ou générateur d’une nouvelle œuvre (St. Frigo, réfrigérateur défoncé à coups de pierre par suite d’une lapidation quasi-biblique). Apparaît en outre avec cette pièce une douce moquerie du religieux qui ressort également de The Sacred, The Profane and Everything Else, alignement de barils de pétrole et de planches de bois destiné à figurer une sorte de temple.

Alors que peut naître un effet de quasi-saturation résultant de cet usage répété de la pierre, c’est avec intérêt que l’on constate que Jimmie Durham peut élargir son travail sur les matériaux : utilisation du bois et du PVC (Gilgamesh, belle sculpture toute simple), de barils de pétrole (Sweet Light Crude), de planches de bois (Une Blessure par Balle) ou de plastique et de fer (les bouts de tuyau du très réussi diptyque Types of Murder Weapons by Maigret / Types of Pipes by Magritte). Après être passé sur quelques travaux plus anecdotiques (les arcs de triomphe ou cet énième urinoir cassé), la visite se termine par deux vitrines dans lesquelles des cailloux, choisis pour leurs tailles, formes et couleurs, représentent aliments et objets du quotidien dans une approche mêlant astucieusement représentation décalée et détournement du réel.

François Bousquet
le 27/02/2009

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