Empty Holes

 chorégraphe

Mark Tompkins

 date

du 06/10/2008 au 11/10/2008

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

Mark Tompkins / Théâtre de la Cité Internationale

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

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Créé en 1983, Empty Holes est repris, pour son vingt-cinquième anniversaire, par Mark Tompkins, ce chorégraphe habitué des planches du Théâtre de la Cité Internationale. Pour ce solo présenté sur un plateau quasi nu (un velum blanc est juste tendu sur le devant de la scène), l’artiste anglais travaille autour des jeux d’ombre et de lumière, symboles du temps passé depuis la création de ce spectacle et habile prétexte à s’interroger sur le chemin parcouru.

Apparaissant en ombre chinoise derrière la large tenture, Mark Tompkins va se servir des différentes sources lumineuses pour jouer sur la focale, avançant et reculant de telle sorte que son ombre portée se fera soit très distincte et à taille réelle, soit beaucoup plus floue et envahissant la quasi-intégralité de la surface verticalement tendue. Profitant d’une alternance entre projecteur unique, spots multiples et ampoule isolée, l’Anglais va pouvoir centrer le propos sur son buste, apparaître en pied ou démultiplier son propre corps grâce au croisement des faisceaux lumineux. Ne s’arrêtant pas d’occuper l’espace sonore par ailleurs, chantant titres originaux et standards (Non, je ne regrette rien ou Strangers in the Night), passant d’un monologue à la reconstitution du dialogue d’un couple, superposant parfois les discours, Tompkins fait se rejoindre prolifération du langage et démultiplication du corps.

Servant de fil narratif, l’histoire de John et Doris Dreem, personnages imaginaires ici matérialisés par des poupées gonflables, se situe à la croisée du symbolisme ridicule (ces objets sexuels comme parangons universels) et du théâtre de marionnettes, manipulés qu’ils sont par le chorégraphe qui assure donc aussi bien leur gestuelle que leurs échanges verbaux, successions de disputes amoureuses aux arguments répétitifs. L’éternelle question de la représentation surgit alors dans un spectacle qui propose également un très joli tableau dans lequel, passant de l’autre côté du velum comme Alice traverse le miroir, Tompkins superpose son propre corps à une photo de lui en 1983. Tandis qu’il est en costume sur celle-ci, le Britannique ôte devant nous celui qu’il porte pour se retrouver, toujours superposé à sa propre photo, en caleçon et maillot de corps ; se mêlent ainsi, dans une dramatique assez émouvante, constat de son vieillissement et immuabilité de ses thématiques.

François Bousquet
le 08/03/2009

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