Le Travail de Rivière

 date

du 4/2/2009 au 29/3/2009

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Didier Marcel / Gabriel Orozco / Giuseppe Gabellone / Gyan Panchal / Isa Genzken / Isa Melsheimer / Isabelle Cornaro / Jean-Luc Vilmouth / Jimmie Durham / Julien Prévieux / Katinka Bock / Mircea Cantor / Mona Hatoum / Raphaël Zarka / Stéphane Calais / Tatiana Trouvé / Vincent Beaurin / Virginie Yassef

 liens

Crédac

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Directrice avisée du Crédac, Claire Le Restif a choisi de présenter, en une exposition collective joliment intitulée Le Travail de Rivière, une cinquantaine d’artistes dont elle a été marquée par les œuvres. Cette opération sur la mémoire nous permet ainsi de retrouver plusieurs plasticiens appréciés de ces pages (voire des œuvres déjà évoquées ici) et de nous plonger nous aussi dans les méandres de nos souvenirs, au gré des différents matériaux utilisés par les artistes.

Si fil de fer (création aérienne de Stéphane Calais), glaise (bassin retenant l’eau de Giuseppe Gabellone), bois (vidéo où Virginie Yassef et Julien Prévieux dévorent une large branche à pleine dents), polystyrène (planche de Gyan Panchal), plâtre (petites sculptures de Didier Marcel), cuivre (grande plaque de Laurent Pariente) et terre cuite (sculpture de Liliana Moro, témoignage d’une performance dans laquelle elle se tenait dans une sorte de jarre) sont employés, c’est la pierre qui revient le plus souvent. La minéralité de cet élément se retrouve au centre des photographies de Raphaël Zarka, du faux miroir de Vincent Beaurin, du souvent vu rocher agrémenté de plaques de cuivre de Tatiana Trouvé ou du transistor constitué d’un bout de parpaing d’Isa Genzken. Mais ce caractère brut peut également se trouver modifié par le passage de l’homme, les œuvres se faisant alors la manifestation d’une transformation pas toujours positive : du polissage d’une pierre (La Pierre du Jardinier de Katinka Bock) à la pose d’une sculpture de bois sur un arbre (Hiatus de Mircea Cantor) en passant par le sac plastique qui pollue le paysage et se retrouve accroché à une fourche (Walking Without Dersou d’Alain Huck).

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Isa Melsheimer - Geliehene Landschaften
(courtesy collection Gilles et Marie-Françoise Fuchs)

Le travail sur la mémoire se traduit aussi par des restes d’esquisses préparatoires de Jimmie Durham ou le très poétique + and - de Mona Hatoum : ce cadran rempli de sable dans lequel une pâle du mécanisme trace des sillons que l’autre efface aussitôt indique bien que la mémoire de chacun constitue la seule trace possible. Certains artistes font le choix de tromper la mémoire, de construire de fausses pistes, à l’image des paysages d’Isabelle Cornaro, en vérité composés de bijoux, ou de la tête de Yan-Pei Ming qui hésite entre vestige archéologique et évocation révérencieuse du Grand Timonier. Le travail de mémoire peut enfin s’apparenter à celui du deuil (les tombes enfouies dans le sable malien et prises en photo par Gabriel Orozco ou les cendres mises sous verre de Claudio Parmiggiani) ou, plus largement, tourner autour de la disparition. Un éléphant naturalisé voit ainsi son empreinte reproduite par Jean-Luc Vilmouth tandis qu’Isa Melsheimer rend compte de l’évaporation d’un océan avec son assortiment de verre brisé représentant les crêtes d’une montagne.

François Bousquet
le 22/03/2009

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