Rob Mazurek

Abstractions on Robert d’Arbrissel

(Adluna Records)

 date de sortie

00/10/2008

 genre

Jazz

 style

Improvisation / Electroacoustique / Field Recordings

 appréciation

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3 extraits (Flash)

 tags

Adluna Records / Electroacoustique / Field Recordings / Improvisation / Rob Mazurek

 liens

Rob Mazurek
Adluna Records

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On ne parle pas souvent sur ces pages de Rob Mazurek, mais c’est un artiste que l’on a régulièrement croisé, pour peu que l’on ait écouté des groupes comme Tortoise, Gastr Del Sol ou encore Stereolab. Il est par ailleurs à la tête de formations plus ouvertement jazz tel que Isotope 217 ou les divers Chicago Underground. Ce trompettiste très axé sur l’improvisation délivre ici un album solo enregistré dans un cadre particulier puisque c’est dans l’Abbaye Royale de Fontevraud que l’artiste était en résidence en 2005. Abstractions on Robert d’Arbrissel est le témoignage de cette résidence lors de laquelle l’artiste a composé, mais aussi travaillé la peinture, la vidéo et l’écriture. On retrouve d’ailleurs poème et peinures dans le livret qui accompagne l’album.

Les premières notes ont déjà de quoi vous donner des frissons, l’album débutant avec une lente mélodie façon lamentation, hantée par la magnifique réverbération du lieu. Cette longue première pièce est une alternance de passages répétitifs envoûtants, de silences, de moments débridés et de longues notes tenues. Cette alternance qui se répète indéfiniment donne une impression de boucle infinie, de spirale évoquant l’élévation spirituelle. Sur un premier tiers de l’album, Rob Mazurek joue en duo, lui d’une part, l’abbaye de l’autre, lui renvoyant ses propres élans sonores, plus vifs sur The Non-Body, très calme, voire mélancolique sur Dust to Dust, avec parfois des bribes, des thèmes qui semblent resurgir.
A partir de Meditation And Skyward Motion, le style change un peu. Le musicien est allé voir ce qui se passait dehors et semble jouer dans les jardins de l’abbaye, ses improvisations de cornet se mêlant au chant des oiseaux, un avion qui passe. Les éléments autres que le cornet deviennent alors récurrents qu’ils soient le fruit du hasard comme ici, ou bien composés par Rob Mazurek en personne, ajoutant bleeps électroniques et déferlements de piano vaporeux sur The Feet. Le traitement du son a tendance à un peu noyer les notes, l’ambiance se fait feutrée, compensant un peu l’absence de réverbération de l’abbaye, mais enlevant aussi de la magie qui habitait le début de l’album, tandis que sur The Legs des arpèges réguliers apportent une certaine structure qui contre balance avec les improvisations assez libres au cornet.
Après le recueillement et l’ouverture sur l’extérieur, l’artiste se lâche et propose une dernière partie plus enjouée. Tempo vifs, sec, alternance d’improvisation et de boucles mélodiques pétillantes sur Ici on Crève (It Is Dark but I Sing) avant de rencontrer le public sur une longue et belle piste cachée, mêlant électronique, piano, cornet, et bruitages divers, déambulations et voix humaines pour une ambiance feutrée, presque aquatique.

Avec ce premier album ambitieux, Adluna se place tout de suite dans le haut du panier des labels dédiés aux musiques expérimentales et pointues. On reviendra très prochainement sur cette nouvelle structure française avec l’album de Activities of Dust comprenant notamment des musiciens de Mice Parade, et Tortoise.

Fabrice ALLARD
le 21/03/2009

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(Adluna Records)