Présences Electronique 2009 : DJ Olive / Bernard Parmegiani / Mimetic + Phil Von / KK. Null / Pita / David Toop

 date du concert

15/03/2009

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Bernard Parmegiani / David Toop / DJ Olive / Festival Présences Electronique 2009 / KK Null / Le 104 / Mimetic / Peter Rehberg / Phil Von / Pita / Von Magnet

 liens

KK Null
Bernard Parmegiani
Peter Rehberg
Pita
Mimetic
Le 104
David Toop
Phil Von

Pour la dernière journée du festival on décide de se faire l’intégralité des concerts et nous sommes donc sur place un peu avant 16h pour le concert couché de DJ Olive que nous avions déjà pu voir vendredi dans la grande salle. Il nous interprètera Buoy, album ambient paru en 2004 sur le label australien Room40.
Nous voici donc allongé dans la pénombre et DJ Olive commence à délivrer ses nappes ambient. Bien sûr, on ne le voit pas jouer, donc difficile de dire s’il se produisait aux platines auquel cas c’était un set atypique pour ce type de prestation. Ambient, mais pas linéaire, et on sent bien les différentes phases du concert, lunaire dans un premier temps, parcouru de souffles graves plus tard, bruitages aquatiques, sifflements métalliques, se faisant un peu plus dérangé par la suite avec des cuivres déformés, bruitages nous faisant pencher vers la musique concrète, collages de field recordings, pour terminer comme on avait commencer histoire de fermer la boucle. Joli voyage en apesanteur avec un album aujourd’hui épuisé.

18h, toujours dans la même salle, on passe au concert dans le noir de Bernard Parmegiani. Le principe est un peu le même que précédemment, sauf qu’il y a juste assez de lumière pour que le musicien voit ce qu’il fait, et que l’on n’a plus assez de place pour s’allonger tellement il y a de monde. 80 ans passés, maintes fois primé, Parmegiani nous interprètera ce soir De Natura Sonorum, une pièce de 1975, certainement l’une de ses œuvres les plus connues et diffusées. Sur la forme, guère de surprise avec une musique électroacoustique intégrant des éléments concrets, mais jouant perpétuellement sur les interactions et perturbations qu’engendrent ces abruptes croisements sonores. D’apparence souvent ludique, parfois ambient, cet enchainement de travaux s’apparente toutefois à une série d’expérimentations qui prennent aujourd’hui toute leur dimension. Le concert se terminera par des applaudissements nourris, et une foule se précipitera vers le compositeur, nous rappelant l’engouement que suscite Pierre Henry depuis quelques années. Ces musiques auraient-elles enfin trouvé leur public ?

A 20h, on retrouve la grande salle dans laquelle se déroulent les concerts de la soirée. Cinq sets aujourd’hui et on commence comme d’habitude par un proche du GRM puisqu’il s’agit de Denis Smalley, néo-zélandais vivant actuellement à Londres. Il interprètera Pentes, une pièce composée en 1974. Le travail sur le son est ici primordial puisque cette pièce est créée à partir du bourdon d’une cornemuse, dessinant de longues "pentes" en jouant sur des glissandos incessants, suite de souffles montants et descendants. Au bout d’un moment une mélodie celtique prend le dessus, comme pour resituer la source, mais on trouvera ce passage malheureusement fort dispensable au milieu d’une pièce par ailleurs très jolie.

On enchaîne avec Mimetic et Phil Von, deux hommes qui ont leurs projets respectifs mais qui se retrouvent régulièrement au sein de la formation ethno-electro-rock Von Magnet et qui partagent un certain gout pour les musiques industrielles. Mimetic s’était déjà produit dans le cadre de Présences Electronique en 2007. Face à face, tous deux ont pris place sur des petites plateformes en bois. En tapant du pied sur celles-ci, ils déclenchent des sons, formant une lente rythmique un peu sourde et réverbérée. Des glissements de pieds créent d’autres sons et leur musique à l’ambiance pesante prend forme. Le rapport entre gestuelle et musique finit par donner l’impression d’une danse générant la musique, et plus le ton se durcit, plus ce sentiment devient présent. Textures et souffles grésillants, percussions métalliques, et superbe final à base de basses lourdes et percutantes et déchirements numériques. Terriblement efficace, on est fan et content de voir ce type de musique dans ce festival !

On poursuit avec Kazuyuki Kishino plus connu sous le nom de KK Null, déjà présent l’an passé. Il arrive sur scène vêtu d’un t-shirt Zeni Geva, l’une de ses formations et nous dit "Bonsoir", un détail en soi, mais ce fut le seul du festival, d’où le fait qu’on le note. Mais ce petit "Bonsoir" qui nous le rendait éminemment sympathique était aussi amusant au regard de la musique que produit le Japonais. D’abord presque minimale mais aux sonorités dures, il produit très vite une musique bruitiste faite de sons percussifs, martelés et saturés, arrivant à une certaine grâce quand il se met à hurler dans un micro déformant sa voix. Ce fut court, une vingtaine de minute, mais intense et largement salué par le public.

Deuxième partie de soirée avec dans un premier temps David Toop que l’on attendait beaucoup. Un grand monsieur de la musique, auteur de plusieurs livres, des publications dans The Wire ou The New York Times, ayant collaboré entre autres avec Brian Eno, Scanner ou John Zorn. On le retrouve donc ici en train de nous interpréter les bruits qu’il entend le soir, assis dans son lit en train de lire, comme la respiration de sa femme à ses côtés, les bruits de son jardin... sur la forme David Toop lance un enregistrement sur son laptop puis se met à lire un livre... à ce niveau ce n’est plus du minimalisme !!... Plus tard il viendra triturer quelques brindilles et écorces qu’il déchiquètera, des cailloux qu’il frottera, puis quelques timides notes de flute traversière, avant de reprendre sa lecture. Erreur de représentation : ce set n’avait absolument rien à faire sur scène et David Toop aurait du se produire à la console pour une diffusion qui aurait à coup sûr été plus intéressante, ne provoquant ici qu’ennui.

La soirée se terminera avec Pita que l’on ne présente plus. Une valeur sûre qui nous laissera pourtant sur notre fin. Muni de deux laptop il délivrera cliquetis et bleeps métalliques, souffles et textures bruitistes tout en donnant une impression d’immobilité, puis final ambient ponctué de bref injonctions bruitistes et agressives, bref un set vraiment difficile pour clôturer cette 5eme édition du festival.

Fabrice ALLARD
le 22/03/2009

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