Qwartz Electronic Music Awards - Ouverture : Otavio Henrique Soares Brandao / Taylor Deupree et Kenneth Kirschner

 date du concert

02/04/2009

 salle

Coupole Niemeyer,
Paris

 tags

Coupole Niemeyer / Kenneth Kirschner / Otavio Henrique Soares Brandao / Taylor Deupree

 liens

Kenneth Kirschner
Otavio Henrique Soares Brandao

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Les Qwartz Electronic Music Awards, une manifestation que l’on suivait jusqu’à présent de loin, ne faisant le déplacement que lors de la première édition. Cette année c’est ce concert de Taylor Deupree et Kenneth Kirschner qui nous motive à faire le déplacement, ainsi que le lieu que l’on n’a pas tous les jours l’occasion de pénétrer. C’est au siège du Parti Communiste que l’on se rend, original bâtiment conçu par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer. On pourra alors voir cette soirée d’ouverture comme une soirée concept mêlant architecture, musique électronique et Brésil. Un petit discours présentant l’architecte et le lieu nous rappellera la série Archittetura du label Caipirinha, et en particulier la pochette du volume 4 dont Panacea était l’auteur : la Cathédrale Notre-Dame de l’Apparition de Brasilia, la capitale politique et administrative du pays dont la conception de la plupart des bâtiment a été confiée à Niemeyer. Par ailleurs, précisons que Taylor Deupree était responsable de la pochette de cet album de Panacea, mais aussi auteur du premier volet de la série avec Savvas Ysatis. Et enfin ce lieu a une résonance particulière ce soir puisque se produisait Otavio Henrique Soares Brandao, compositeur et pianiste brésilien qui fut récompensé d’un Qwartz Pierre Schaeffer lors de la 3eme édition de cette célébration.

Ces présentations faites, Otavio Henrique Soares Brandao prend place au piano et débute son set composé de trois mouvements. Il nous précise que le premier mouvement à la particularité d’avoir un tempo de 240 BPM, et se lance dans un jeu étourdissant, frénétique. Les notes se déroulent à une vitesse impressionnante, s’emmêlent pour former un énorme magma sonore qui sert de trame et d’où se détachent quelques élans. L’instrument est frappé avec force et tout le corps du Brésilien semble habité et réagir à la musique. Lorsque la puissance sonore se calme, on retrouve un jeu plus doux mais avec toujours un tempo soutenu ou contrasté, frôlant l’abstraction mais jouant suffisamment sur la répétition pour garder un fil conducteur. Le deuxième mouvement, très court, aura pour particularité d’être joué sans les pédales, diminuant du coup les possibilités de modulation, mais le jeu reste à peu de choses près le même, plus fin mais toujours très rapide et se terminant, comme quasiment tous les morceaux joués ce soir, par une sorte de pirouette humoristique. Le dernier mouvement sera le plus équilibré, débutant très calmement et se terminant comme commençait le concert, fermant une boucle.
Applaudissements fournis, nous aurons droit à un dernier court morceau que l’on rapprochera du deuxième mouvement, fourmillant de petites notes ludiques. Un concert étonnant d’un artiste rare et singulier.

Après une petite pause permettant d’installer le matériel des deux new-yorkais, débute le deuxième set avec donc Kenneth Kirschner au piano et Taylor Deupree à l’électronique, ce dernier étant debout aux côtés du pianiste, laptop posé sur l’instrument. Nappes électroniques qui semblent être un mélange de grincement métallique et de résonance des notes de piano samplées et jouées en boucle, et jeu lent de Kenneth Kirschner seront les deux composantes principales. Trois notes délicates et cristallines semblent se bousculer, se répéter comme par un effet d’écho, le tout apparaissant d’une limpidité éclatante. Et puis assez rapidement le jeu des deux artistes prend une dimension un peu inattendue puisque cette longue pièce d’une demie-heure se poursuit façon piano préparé, Taylor Deupree approchant ou posant des objets sur les cordes de l’instrument pendant le jeu de son comparse. Apparaitront alors des frétillements métalliques, des réverbérations plus amples et graves, mais les deux artistes parviendront à rester dans le registre d’une ambient mystérieuse et apaisée. Certes très joli, mais peut-être un peu monotone sur la longueur, manquant peut-être de renouvèlement ou variations.

Fabrice ALLARD
le 04/04/2009

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