Black Battles with Dogs

 auteur

Bernard-Marie Koltès

 metteur en scène

Arthur Nauzyciel

 date

du 05/12/2002 au 07/12/2002

 salle

Maison des Arts,
Créteil

 appréciation
 tags

Bernard-Marie Koltès / Maison des Arts

 liens

Maison des Arts

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Curieuse idée, a priori, que celle qu’eut Arthur Nauzyciel début 2001 : traduire en anglais Combat de Nègre et de Chiens, la pièce de Koltès, et la monter à Atlanta, avec des comédiens américains. Pourtant, à y regarder de plus près, la ville de Georgie, celle de Martin Luther King et du mouvement des droits civils, mais aussi de Margaret Mitchell et d’Autant en emporte le Vent était le lieu idéal pour créer cette évocation d’un chantier en Afrique où s’affrontent, autour du corps d’un ouvrier mort, riches blancs et esclave noir. De retour en France, le metteur en scène prit le pari de rapatrier à présent la pièce en France, avec la troupe américaine.

Surpris par Horn, propriétaire du chantier, alors qu’il vient chercher la dépouille de son frère, qu’il pense mort par accident, Alboury va se retrouver, malgré lui, au centre des passions et va servir de révélateur à Leone, la femme du maître des lieux. Plus qu’une pièce sur le racisme, Black Battles with Dogs apparaît alors comme un témoignage de la vision qu’a l’homme blanc des noirs et vice-versa. En effet, si Alboury est repoussé par Horn et Cal, son contre-maître, Leone est impressionnée par sa musculature et sa droiture ; mais le jeune africain la repousse, refusant de céder aux caprices d’une femme blanche forcément futile.

Sans jamais tomber dans le manichéisme, la pièce de Koltès est comme revigorée par sa traduction, prenant incidemment l’Amérique à partie et non plus seulement l’Afrique et l’Europe. Particulièrement bien joué, dit dans un anglais relativement aisément compréhensible, aidé par une mise en scène sans fioritures, le texte, malgré quelques longueurs, ressort de cette expérience conforté dans ses prises de position et rendu universel par son interprétation.

Autres dates :
- du 22 au 24 mai 2008 : Centre Dramatique National d’Orléans

François Bousquet
le 08/12/2002

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