Les ordures, la ville et la mort

 auteur

Rainer Werner Fassbinder

 metteur en scène

Pierre Maillet

 date

du 2/6/2003 au 29/6/2003

 salle

Théâtre de la Bastille,
Paris

 appréciation
 tags

Rainer Werner Fassbinder / Théâtre de la Bastille

 liens

Théâtre de la Bastille

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Dernière pièce du dramaturge et cinéaste Rainer Werner Fassbinder, Les ordures, la ville et la mort n’avait plus été monté à Paris depuis vingt-cinq ans, en grande partie à cause du scandale provoqué, à l’époque, par cette histoire d’un promoteur immobilier juif qui s’enrichit, humilie le tortionnaire nazi de ses parents et manipule la fille, prostituée, de celui-ci.

Jouée sur un rythme effréné du début à la fin, la pièce, traitée sur le mode du conte, ne saurait laisser indifférent, mêlant sujets aussi sensibles que la Shoah, les relations entre juifs et allemands après la Guerre, la prostitution, l’inceste ou la provocation au suicide. Insérant des passages chantés (l’un d’eux fait d’ailleurs fortement penser à une scène chantée de Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, où François Ozon adaptait également Fassbinder) dans la dramaturgie classique, la Compagnie des Lucioles déplace clairement l’histoire dans le registre de la fable, coupe une partie des relations avec le « réel ». Pour autant, la pièce ne perd nullement de sa force, inspectant au plus profond l’âme humaine et les questions liés au pardon et à la vengeance.

Dans une distribution où quasiment chaque acteur joue plusieurs rôles, Marcial di Fonzo Bo, interprète le juif avec une dose de machiavélisme assumé, sans pour autant tomber dans un manichéisme forcené. En face de lui, campe une Roma sûre de son fait, libre jusqu’au bout, allant d’un enfermement (celui de ses parents et la culpabilité qui découd du passé de bourreau de son père) à un autre (la cage dorée que le juif lui confectionne en échange de ses charmes). Dans un espace en perpétuelle évolution (panneaux coulissants, sièges constamment déplacés et apparition de draps blancs sur lesquels certaines scènes sont projetées dans une mise en abyme impressionnante), la dureté du trait, sa cruauté et son nihilisme cynique peuvent, dans un premier temps, effrayer, mais l’implacabilité de l’ensemble prend rapidement le dessus.

Autres dates :
- du 4 au 6 mai 2004 : Théâtre du Maillon-Wacken - Strasbourg

François Bousquet
le 12/06/2003

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