Jardineria Humana

 auteur

Rodrigo García

 metteur en scène

Rodrigo García

 date

du 20/11/2003 au 6/12/2003

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

Rodrigo García / Théâtre de la Cité Internationale

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

 dans la même rubrique
07/11/2014 et 08/11/2014
Tratando de hacer una obra que cambie el mundo (el delirio final (...)
(Théâtre Paul Éluard)
du 03/11/2014 au 14/11/2014
By Heart
(Théâtre de la Bastille)
du 17/09/2014 au 19/10/2014
Hetero
(Théâtre du Rond-Point)
du 02/09/2014 au 27/09/2014
Old Fashioned Prostitutes / Idiot Savant
(Les Déchargeurs)

Evénement hype de l’automne dramatique parisien, la présentation de deux pièces successives de Rodrigo García au Théâtre de la Cité Internationale (Jardineria Humana et Compré una pala en Ikea para cavar mi tumbla) est pour nous l’occasion de découvrir le travail du dramaturge et metteur en scène argentin révélé au grand public l’an passé à Avignon.

Dénonciation de la société de consommation, Jardineria Humana met, dès son entrée, le public en condition, en diffusant, pendant qu’il prend place, tubes disco (Ring my bell, Music & Lights) et autres scies commerciales. Théâtre de la sensorialité (en plus de la vue et de l’ouïe, notre odorat sera rapidement mis à contribution), la pièce de García ne sera ensuite qu’alternance entre performances d’acteurs (simulations de coïts, ingurgitation d’aliments et boissons dont la comédienne se badigeonne le corps en même temps, autre comédienne qui urine sur une table) rapidement lassantes et propos plus « construits » où mondialisation, médiatisation de l’art et dictature des marques sont critiquées. A ce sujet, on relèvera quelques passages particulièrement intéressants comme cette douche au Coca-Cola, ce simulacre de film X où des baskets Nike et Puma font office de pénis ou encore cette scène où deux comédiens s’échangent, sous le manteau, comme on le ferait pour de la drogue, les composants d’un menu McDonald’s avant que la serveuse du fast-food n’arrive pour nettoyer la table, affublée d’une camisole de force en guise de tenue de travail.

En marge de ces moments revendicatifs, l’auteur argentin a eu la bonne idée de placer quelques instants de respiration, moins frondeurs dans la forme, mais qui n’en disent pas moins sur le fond. Sont ainsi listés, sur l’écran disposé au fond de la scène, les noms de quelques 150 responsables argentins coupables de torture sous le régime des colonels et graciés par Menem en 1990 ; sur ce même écran, on retrouve une des comédiennes revisitant la Pietà de Michel-Ange, sollicitant des anonymes, pris sur leur lieu de travail, pour faire office de Christ. Autre moment fort : la longue complainte, dite par une actrice, implorant la pitié d’entités diverses et naviguant entre une certaine douceur attendrissante (« aux tasses chaudes : ayez pitié de nos lèvres », « aux sacs en plastique de supermarché pleins à craquer : ayez pitié de nos mains », « aux ballons de foot : ayez pitié des mauvaises équipes ») et un cynisme parfaitement assumé (« aux morts : ayez pitié des vivants », « au McDonald’s : aie pitié de nos excréments du lendemain », « aux listes d’attente des hôpitaux : ayez pitié des nouveaux malades », « aux malades en phase terminale : ayez pitié des listes d’attente »).

Génie visionnaire de la contestation ou provocateur scatologique épate-bourgeois ? Jardineria Humana, par son caractère hétéroclite assumé, ne nous aura, in fine, pas permis de nous prononcer définitivement sur le « cas » Rodrigo García.

Autres dates :
- du 24 février au 6 mars 2004 : Théâtre national de Toulouse
- du 2 au 4 septembre 2004 : Genève

François Bousquet
le 30/11/2003

À lire également

du 07/04/2014 au 12/04/2014
Loredreamsong
(Théâtre de la Cité Internat)
du 15/03/2007 au 06/04/2007
Fées
(Théâtre de la Cité Internat)
du 06/10/2008 au 11/10/2008
Empty Holes
(Théâtre de la Cité Internat)
du 26/01/2004 au 21/02/2004
Sérénité des Impasses
(Théâtre de la Cité Internat)