Paradis (Un Temps à Déplier)

 auteur

Pascal Rambert

 metteur en scène

Pascal Rambert

 date

du 07/01/2004 au 23/01/2004

 salle

Théâtre de la Colline,
Paris

 appréciation
 tags

Pascal Rambert / Théâtre de la Colline

 liens

Théâtre de la Colline

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Nouvelle création de Pascal Rambert, Paradis (Un Temps à Déplier) surprend dès notre entrée dans la grande salle du Théâtre de la Colline : le plateau est gigantesque, occupant toute la scène traditionnelle et condamnant, en plus, la moitié des sièges. Sur cette immense étendue noire viennent se placer les comédiens, auparavant assis à côté de nous, comme si de rien n’était ; le sentiment d’universalité commence.

Abordons tout de suite l’élément qui a, apparemment, fait fuir de nombreux spectateurs dès le premier acte : les comédiens, à peine arrivés sur le plateau se déshabillent, comme pour retourner à l’état premier, Adam et Eve modernes, et évolueront ainsi, nus, pendant l’heure et demie du spectacle. Si ce contraste flagrant entre eux et nous « dérange » pendant quelques instants (d’autant plus que, la salle n’étant que très rarement dans la pénombre, on les voit et on se voit en même temps), on l’oublie bien vite pour se concentrer sur leur gestuelle, capter des bouts de dialogue ou analyser des chorégraphies de groupe.

Affublé d’un carré central de moquette de couleur différente suivant les actes (jaune, vert et enfin rose) et qui restera intouchable, le plateau, utilisé dans toute sa grandeur, se fait le lieu de rencontres, télescopages et autres empoignades entre des comédiens qui nous disent le monde à travers une identification rendue possible en permanence. Parallèlement, on ne saurait passer sous silence la très belle partition musicale composée et jouée en direct par Alexandre Meyer, guitariste placé dans un coin du plateau et qui, armé de pédales et samplers, superpose nappes et boucles mélodiques finement ciselées, un peu à la manière de ce que fait Sylvain Chauveau. Pendant que ses mélopées enveloppent de plus en plus la scène (l’emploi par les comédiens de micros s’avèrera, à cet égard, fort utile, pour ne pas être couverts par la musique), les acteurs sont pris dans un pareil tourbillon, répétant certains dialogues ou gestes à l’envi (roulé-boulé sur une couverture pliée à la fin du premier acte, « ballet » à l’éventail au terme du deuxième, déplacement simultané de mini-projecteurs).

Si le propos de Pascal Rambert paraît principalement se porter sur la quête ou la nostalgie d’un Eden perdu, on y a plutôt apprécié les interrogations soulevées sur les rapports humains (vexation, expulsion), sur nos comportements quotidiens ou sur la manière de monter un spectacle (inserts, structure narrative, construction des dialogues et mélange du passé, du présent et du futur sont ainsi évoqués) ; grâce d’un spectacle où chacun peut y trouver ce qu’il veut, au gré de ses envies. Après un dernier tableau-compilation où l’on retrouve les roulés-boulés sur les couvertures et les chorégraphies avec éventail, accompagné par ce sublime morceau, tout en nappes superposées, de la fin du premier acte, les comédiens se rhabillent, la musique va decrescendo, la boucle se boucle et les boucles se la bouclent.

Autres dates :
- du 28 janvier au 5 février 2004 : Comédie - Caen
- 19 et 20 mars 2004 : De Singel - Anvers
- 24 et 25 mars 2004 : Bonlieu - Scène Nationale – Annecy
- 4 et 5 juin 2004 : Festival Perspectives - Saarbrücken

François Bousquet
le 16/01/2004

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