e, un roman dit

 auteur

Daniel Danis

 metteur en scène

Alain Françon

 date

du 26/01/2005 au 27/02/2005

 salle

Théâtre de la Colline,
Paris

 appréciation
 tags

Daniel Danis / Théâtre de la Colline

 liens

Théâtre de la Colline

 dans la même rubrique
du 25/04/2017 au 28/05/2017
Les Peintres au Charbon
(Théâtre 13)
du 21/04/2017 au 26/04/2017
Alors, est-ce que c’est là ?
(Théâtre de Gennevilliers)
du 02/02/2017 au 29/04/2017
Un Air de Famille
(Théâtre de la Porte Saint-Martin)
du 21/03/2017 au 01/04/2017
Le Pas Grand Chose
(Théâtre Monfort)

À mi-chemin entre la chanson de geste et l’épopée mythologique, e, un roman-dit, dernière œuvre en date du Québécois Daniel Danis, nous raconte l’histoire de J’Il, chef de file des Azzédiens, peuplade métisse imaginaire ayant fui les bombardements et s’étant vu conférée un lopin de terre. Entre revendications minoritaires et interrogations sur la condition du chef dans un tel cadre, la pièce se veut l’illustration scénique d’un roman, d’où le sous-titre et l’importance prise par la narratrice (« la didascalienne »).

Dans un décor unique fait de trois murs placés le long des trois côtés du plateau ne donnant pas vers le public, dans lesquels s’ouvrent des portes, se soulèvent des panneaux et apparaissent des fenêtres, l’histoire de J’Il débute à sa naissance où il sauve déjà son peuple. Plus tard, devenu adulte, il prendra la tête de la rébellion contre la ville voisine, avide de reprendre le territoire concédé quelques années auparavant. Librement inspiré de l’histoire de Louis Riel (leader indépendantiste métis canadien dans les années 1870, décidément à la mode ces temps-ci, après la biographie dessinée que lui a consacré, à l’automne dernier, Chester Brown), e, un roman-dit se veut toutefois plus universel en inventant une kyrielle de noms propres qui, bien que « sonnant » québécois, parviennent à ne pas trop ancrer contextuellement la pièce. Dans la même optique, la convocation de plusieurs autres mythes (Romulus et Remus, la louve nourricière étant, ici, remplacée par une oursonne ; Œdipe et sa nécessité de « tuer le père ») apporte plusieurs niveaux de lecture au spectacle.

Si, et c’est inévitable eu égard à une telle entreprise, l’épopée comporte quelques longueurs, l’ensemble se révèle suffisamment captivant pour que l’on s’attache à l’histoire de J’Il. On signalera, par ailleurs, que les tableaux sont résumés dans le papillon distribué à notre arrivée dans la salle ; l’ayant lu, nous savions donc, à l’avance, quelles allaient être les péripéties du héros et de son entourage. Fatalement moins surpris par les différents rebondissements, on ne déconseillera toutefois pas cette lecture préalable car la multitude de personnages et de lieux évoqués pourrait égarer le spectateur non renseigné sur les principaux éléments de l’intrigue.

Autres dates :
- du 22 au 25 mars 2005 : TNP - Villeurbanne
- du 31 mars au 9 avril 2005 : TNS - Strasbourg
- du 19 au 28 mai 2005 : Centre national des arts - Ottawa
- du 1er au 3 juin 2005 : Festival de Théâtre des Amériques - Montréal

François Bousquet
le 09/02/2005

À lire également

du 12/05/2015 au 06/06/2015
Affabulazione
(Théâtre de la Colline)
du 05/05/2010 au 05/06/2010
Ciseaux, papier, caillou
(Théâtre de la Colline)
du 25/01/2013 au 16/02/2013
Le Cabaret Discrépant
(Théâtre de la Colline)
du 04/11/2011 au 09/12/2011
Je Disparais
(Théâtre de la Colline)