Nous étions assis sur le rivage du monde…

 auteur

José Pliya

 metteur en scène

Denis Marleau

 date

du 16/01/2006 au 07/02/2006

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

José Pliya / Théâtre de la Cité Internationale

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

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Troisième pièce du dramaturge béninois José Pliya, Nous étions assis sur le rivage du monde… met en scène une femme revenant dans son pays natal et sur la plage de son enfance, devenue propriété d’un homme qui l’en chasse sans qu’elle comprenne, dans un premier temps, pourquoi.

Assez vite, quand ses amis la rejoignent, elle perçoit les raisons de cette réaction : ayant quitté la terre de son enfance, elle y est désormais considérée comme une étrangère, le propriétaire de la plage allant jusqu’à dire qu’elle n’a plus la même couleur de peau que les autres habitants de l’île (« Vous n’avez pas la bonne couleur de peau, elle n’est pas appropriée, elle n’est pas réglementaire »). Dès lors, au-delà des questions de race et de couleur vers lesquelles on se doutait bien que l’argument allait nous entraîner, c’est l’identité même des personnages qui est remise en jeu (« Je parle de vous, les étrangères qui êtes nées sur le rivage de ce monde-ci et qui l’avez déserté pour des cieux gris et des citadelles/Je parle de vous, qui n’êtes plus d’ici, ni d’ailleurs et qui avez oublié qui vous êtes et d’où vous venez » dit l’homme à la femme).

Ainsi, en lieu et place d’un spectacle qu’on imaginait partir d’un onirisme initial sursignifiant (le titre, la situation de départ où le lieu n’est pas clairement défini – Réunion ? Antilles ? -, le plateau immaculé) pour aller vers un universalisme légèrement bien-pensant (le racisme, c’est pas bien), on assiste en réalité à une pièce où la place dans la société et le rapport aux autres sont mis en perspective. Plus encore, alors que, pendant une heure et quart, se sont affrontés la lucidité de l’homme, conscient des différences entre les êtres, et l’idéalisme de la femme, qui persiste à percevoir les hommes comme égaux, la toute fin de la pièce verse dans un fatalisme pessimiste bien loin de toute tentation prêchi-prêcha ; pas forcément facile à « encaisser » donc, mais incroyablement juste assurément.

Autres dates :
- 13 et 14 octobre 2006 : Artchipel – Basse-Terre

François Bousquet
le 26/01/2006

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