L’Homme de Février

 auteur

Gildas Milin

 metteur en scène

Gildas Milin

 date

du 26/04/2006 au 21/05/2006

 salle

Théâtre de la Colline,
Paris

 appréciation
 tags

Gildas Milin / Théâtre de la Colline

 liens

Théâtre de la Colline

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Il y a deux mois, le Théâtre National de la Colline nous présentait, dans sa petite salle, Le Projet H.L.A., spectacle ambitionnant de marier théâtre et musique techno. Ce mois-ci, toujours dans le « petit théâtre », c’est le rock qui se voit confronté à l’écriture dramatique pour une pièce écrite et mise en scène par Gildas Milin.

Sur un plateau entièrement recouvert de polystyrène gris foncé, entouré des gradins à la manière d’un ring, la petite dizaine de comédiens, vêtus de combinaisons et pieds nus, sont déjà en place quand entre le public. Évoluant lentement, par à-coups, on comprend assez rapidement que les acteurs symbolisent en réalité des parties du corps de l’héroïne, tombant par terre quand elle flanche et la suivant au gré de ses déplacements sur le plateau. Dès lors, deux fils narratifs vont être menés en parallèle : le premier reprenant cette idée de parties formant un tout, cette métaphore de l’univers où l’homme n’est qu’une composante d’un plus grand ensemble ; le second narrant l’histoire de Cristal. Apprentie chanteuse, la jeune femme ne parvient à placer sa voix qu’à l’aide de cocktails médicamenteux (béta-bloquants, anti-histaminiques, corticoïdes) qui lui permettent alors de faire face au public. Régentant sa formation (les comédiens qui jouent, dans les autres scènes, les parties de son corps), Cristal lui fait subir ses sautes d’humeur que sa choriste, Christelle, tente de juguler en lui racontant une histoire d’ange gardien : l’Homme de Février.

Jouant avec malice des traditionnels clichés attachés aux rock-stars (pharmaco-dépendance, mégalomanie, tempérament dictatorial, solitude, fascination pour la mort), l’auteur alterne scènes réalistes et passages plus abscons jusqu’à parvenir à une dernière demi-heure où l’on assiste à un concert live du groupe. C’est à cet instant précis que l’intention initiale prend véritablement toute sa dimension, le spectateur ne sachant plus vraiment qui il a en face de lui : des comédiens qui se griment en musiciens ou des musiciens qui se produisent dans un lieu différent des salles de concert habituelles. Le spectacle touche alors juste et, après avoir mis trop de temps à atteindre son acmé, finit par amener une pierre supplémentaire à l’éternelle question de la représentation (qu’elle soit musicale ou théâtrale).

Autres dates :
- du 6 au 8 juin 2006 : La Criée – Marseille
- du 27 novembre au 2 décembre 2007 : Idéal – Tourcoing
- 18 et 19 décembre 2007 : Théâtre de Cavaillon

François Bousquet
le 12/05/2006

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