The Little Matchgirl

 auteur

Hans Christian Andersen

 metteur en scène

Dan Jemmett

 date

du 13/12/2006 au 27/12/2006

 salle

Théâtre des Abbesses,
Paris

 appréciation
 tags

Hans Christian Andersen / Théâtre des Abbesses

 liens

Théâtre des Abbesses

 dans la même rubrique
du 09/05/2019 au 21/06/2019
Fauves
(Théâtre de la Colline)
du 01/04/2019 au 19/04/2019
Tout Dostoïevski
(Théâtre de la Cité Internationale)
du 11/02/2019 au 02/03/2019
Notre Parole
(Théâtre de la Cité Internationale)
du 18/01/2019 au 09/02/2019
Convulsions
(Théâtre Ouvert)

Formé dans les années 1980, The Tiger Lillies se sont fait connaître pour leur musique inspirée de Kurt Weill, leur posture piochant dans le cabaret comme dans le « musical » et par quelques collaborations (avec le Kronos Quartet notamment, sur l’album The Gorey End). Pour sa nouvelle création, le trio anglais choisit d’adapter le conte d’Andersen, La Petite Fille aux Allumettes, en faisant office, par le chant et la musique, de narrateurs d’une histoire mimée par deux comédiens : la petite fille et un homme.

Placés côté jardin, les musiciens (chant et accordéon, contrebasse électrique, batterie), accompagnés par un trio classique (violon, alto, violoncelle) situés côté cour, ne servent donc pas de bande-orchestre à la manière des comédies musicales mais véritablement de récitants. C’est en effet Martyn Jacques qui, de sa voix haut perchée (pas très agréable au demeurant) va conter l’histoire de cette pauvrette transie de froid en ce soir de réveillon. Pendant ce temps-là, au milieu du plateau, l’homme rentre chez lui, s’installe à table et ouvre une bouteille. Puis, il se lève pour tirer le rideau d’une scène posée sur la scène et dévoiler la petite fille, grelotant sous la neige qui tombe. Ainsi se déroule le spectacle avec ouvertures successives de cinq rideaux afin de relater, dans des mini-théâtres emboités les uns dans les autres, la nuit de la petite fille, de plus en plus gelée, craquant allumette après allumette.

Si cette mise en abyme apporte une distanciation bienvenue, écartant le piège de la représentation larmoyante, elle n’échappe pas à un certain systématisme mécanique : on comprend vite que plus les rideaux vont s’ouvrir, plus les cadres vont se rétrécir et plus l’espérance de vie de la petite fille va se réduire. De plus, la pièce ne rechigne pas à un symbolisme pas toujours des plus légers (le cadre du théâtre comme allégorie de l’espace vital, les glaçons que l’homme met dans son whisky comme rappels du froid extérieur, le blond des cheveux de la jeune fille synonyme d’angélisme, les musiciens en jaquette et haut-de-forme à la manière des bourgeois de l’époque, etc…). Restent tout de même de bonnes idées (les charentaises dont la droite est confiée à l’homme et la gauche à la fille, le rôle de l’homme dont on ne sait s’il est le père de la petite fille, son employeur ou, de manière plus universelle, un homme quelconque qui ne fait rien contre le destin de la petite fille) et de belles images de neige.

François Bousquet
le 19/12/2006

À lire également

du 16/09/2008 au 04/10/2008
Le Soleil ni la Mort (...)
(Théâtre des Abbesses)
du 25/01/2012 au 10/02/2012
Le Système de Ponzi
(Théâtre des Abbesses)