Judith ou le Corps Séparé

 auteur

Howard Barker

 metteur en scène

Jean-Paul Wenzel

 date

du 09/01/2007 au 11/02/2007

 salle

Théâtre des Amandiers,
Nanterre

 appréciation
 tags

Howard Barker / Théâtre des Amandiers

 liens

Théâtre des Amandiers

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Figure de l’histoire biblique apocryphe, Judith, après avoir inspiré nombre de peintres, fait l’objet d’une pièce de théâtre écrite par le dramaturge anglais Howard Barker. Mis en scène par Jean-Paul Wenzel au Planétarium du Théâtre des Amandiers, Judith ou le Corps Séparé nous narre cette nuit durant laquelle cette jeune veuve juive s’introduit sous la tente du général ennemi Holopherne et le séduit avant de lui trancher la tête et ainsi éviter le massacre de son peuple.

Sous un apparat plutôt classique (respect des trois unités de la tragédie, épisode biblique, décor et costumes raccords), le texte surprend par son mélange des niveaux de langage. En effet, les comédiens sont amenés à enchaîner tirades philosophiques sur la mort ou le mensonge et expressions plus triviales, limite obscènes. Á la fois déroutantes et intrigantes, ces ruptures (issues du texte original, non de la traduction), comme la mise en scène qui n’arrive pas toujours à transcender le sentiment d’extranéité de son propre corps, empêchent au propos d’acquérir sa pleine dimension politique. Ce ne sera en vérité chose faite qu’à la toute dernière réplique, quand Judith prend véritablement conscience du fait qu’elle était investie, par son peuple tout entier, d’une mission quasi-sacrée : « Israël !/Israël !/Mon corps était/Israël !/Israël !/Mon corps est Israël ».

Si l’interprétation de Lou Wenzel dans le rôle-titre ne s’avère pas entièrement convaincante, manquant un peu de consistance ce qui la pousse parfois à forcer le trait, Mohamed Rouabhi est plus probant dans celui d’Holopherne, personnage opaque et complexe qui donne l’étrange impression de s’attendre à son assassinat dès que Judith pénètre sous sa tente. Commentant l’action dans un premier temps avant de prendre une part nettement plus active dans la seconde moitié, Camille Grandville joue pour sa part une intéressante domestique qui, là encore, ne prend sa véritable mesure qu’à la toute fin de la pièce. Sentiment globalement mitigé donc au sortir de la salle dans le hall de laquelle l’équipe du Théâtre des Amandiers a judicieusement accroché une vingtaine de reproductions des toiles inspirées par l’histoire de Judith et Holopherne.

Autres dates :
- du 21 au 25 janvier 2008 : Théâtre Dijon Bourgogne

François Bousquet
le 23/01/2007

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