Fées

 auteur

Ronan Chéneau

 metteur en scène

David Bobée

 date

du 15/03/2007 au 06/04/2007

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

Ronan Chéneau / Théâtre de la Cité Internationale

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

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Deuxième partie d’une trilogie consacrée aux 25-30 ans, Fées est une pièce de Ronan Chéneau, mise en scène par David Bobée. Tous les deux trentenaires, les deux Français ambitionnent donc de dépeindre leurs contemporains par des fables au cynisme bien trempé.

Précisément, c’est dans une salle de bains qu’on est invité avec ce spectacle qui met aux prises un jeune homme et deux femmes censées représenter les fées du titre, tour à tour bonnes consciences, tentatrices et révélatrices de l’inconscient du héros. Si la plainte narcissique de celui-ci s’avère un peu complaisante par moments, elle est régulièrement et judicieusement « désamorcée » par les interventions des deux fées, parfois très drôles (la traduction chantée horriblement faux de Death is not the End de Bob Dylan), et par la présence de caméras vidéos infrarouges qui renvoient à la télé-réalité et aux désirs de célébrité de ses participants.

Visuellement, outre ce plateau carrelé, au plus près du réel, autour duquel les spectateurs sont disposés, des éclairages verts nous plongent dans une ambiance aquatique dès l’escalier d’arrivée dans la salle tandis que des gels douche et shampoing sont disposés un peu partout dans la salle de bains. Outre l’aide de la vidéo, les mouvements des comédiens, proches de la danse contemporaine, installent donc Fées aux confins des arts plastiques et de la danse.

Pour sa part, le texte se perd quelquefois dans des attaques un peu faciles : insertion moqueuse d’un récent discours de Nicolas Sarkozy, raillerie de George W. Bush, dénonciation de la tyrannie des marques avec un passage où le gel douche gicle sur les jeunes femmes. Bien qu’on s’approche alors du travail de Rodrigo Garcia, Fées touche pourtant car s’avère moins démonstratif que ce que peut proposer l’Argentin. Par le tableau plutôt cynique mais incontestablement lucide qu’elle dresse, la pièce de Ronan Chéneau réussit donc son pari : retranscrire un désenchantement et agir comme le reflet d’une époque.

Autres dates :
- 17 et 18 mai 2007 : Hippodrome de Douai
- du 22 au 25 novembre 2007 : Théâtre Garonne – Toulouse
- 15 janvier 2008 : Maison de la Culture d’Amiens
- 19 et 20 mai 2008 : Espace Gérard Philipe – Feignies
- 22 et 23 novembre 2008 : Centre culturel Marc Sangnier – Mont-Saint-Aignan
- du 27 au 31 janvier 2009 : Lieu Unique - Nantes
- 6 et 7 février 2009 : Liège
- 8 et 9 avril 2009 : TNBA - Bordeaux

François Bousquet
le 26/03/2007

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