Illusions Comiques

 auteur

Olivier Py

 metteur en scène

Olivier Py

 date

du 20/09/2007 au 30/09/2007

 salle

Théâtre de l’Odéon,
Paris

 appréciation
 tags

Olivier Py / Théâtre de l’Odéon

 liens

Théâtre de l’Odéon

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Pour le début de sa première saison en tant que directeur de l’Odéon, Olivier Py propose ses Illusions Comiques, succès d’il y a deux saisons au Rond-Point, pièce plutôt courte (trois heures) à l’aune du travail du dramaturge et qui lui permet de se mettre en scène avec une autodérision assez jubilatoire.

De fait, on retrouve au début de la pièce la petite troupe d’Olivier Py qui se lamente d’avoir toujours à jouer le même drame lyrique, tandis que celui-ci est placé à l’orchestre comme lors d’une générale. Arrivent alors honneurs et reconnaissances pour celui qui se voit proposer des maroquins ministériels, des entretiens avec le Président de la République, le maire de Paris ou le pape puisque chacun admet que le théâtre est la seule et unique voie pour sauver l’humanité. Pendant ce temps, ses comédiens errent de salles de province en hôtels miteux avant qu’un retour de bâton n’entraîne la chute du dramaturge. Réflexion sur le caractère éphémère du succès et sur la récupération de l’artiste, interrogations sur l’opportunité de faire un théâtre du réel et sur la capacité de celui-ci à rencontrer un écho auprès de la population, satyre des désirs de grandeur du dramaturge et du milieu théâtral, la pièce d’Olivier Py brasse les thèmes et les genres (à l’instar de la pièce de Corneille à laquelle le titre fait directement référence).

Certes, la mise en abyme ici proposée n’est guère novatrice, mais elle s’accompagne d’une férocité plutôt bien sentie dans le propos (bien que plusieurs passages auraient gagnés à être resserrés) et est surtout servie par des interprètes très convaincants. Passant d’un registre à l’autre (drame, tragédie, vaudeville, théâtre engagé), les quatre comédiens principaux sont invités à se travestir, à occuper l’intégralité de l’immense plateau (au passage, on saluera la très bonne scénographie, utilisant notamment des cadres de néons) et à déclamer dialogues et tirades fréquemment percutants et souvent hilarants. Tout juste regrettera-t-on une sorte de systématisme dans l’enchaînement de leurs principaux monologues, comme s’il s’était s’agit d’offrir à chacun son morceau de bravoure. Au milieu d’eux, presque pris dans son propre tourbillon, Olivier Py semble un peu en deçà, mais c’est aussi la sagesse du dramaturge et metteur en scène que d’être présent quasiment tout le temps, sans pour autant se mettre en première ligne.

Autres dates :
- 16 et 17 novembre 2007 : Théâtre Dijon Bourgogne
- du 21 au 23 novembre 2007 : Comédie - Valence
- 28 et 29 novembre 2007 : Espace des Arts - Châlon-sur-Saône
- du 4 au 7 décembre 2007 : TNP - Villeurbanne
- du 11 au 15 décembre 2007 : Théâtre du Gymnase – Marseille
- du 21 au 23 avril 2009 : Comédie de Clemront-Ferrand
- du 6 au 17 mai 2009 : Comédie de Genève

François Bousquet
le 03/10/2007

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