Ryan Gander : It’s a right Heath Robinson affair

 date

du 14/03/2009 au 03/05/2009

 salle

Kadist Art Foundation,
Paris

 appréciation
 tags

Kadist Art Foundation / Ryan Gander

 liens

Kadist Art Foundation

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Proposition intéressante que celle effectuée par Ryan Gander, trentenaire anglais repéré dans quelques expositions collectives : présenter dans le même temps ses œuvres dans une galerie et à la Kadist Art Foundation (petite structure privée située sur les contreforts de Montmartre), sous la forme d’une exposition divisée en deux. Fidèles à notre ligne de conduite, nous n’évoquerons pas ici la présentation à la galerie gb agency, pour se focaliser plutôt sur l’autre volet de cette exposition.

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I am born, I learn to read, walk and speak. I enter my teens I become self-responsible, I enter adulthood, I become self-sufficient
(courtesy Kadist Art Foundation)

En une quinzaine d’œuvres, le plasticien parvient sans peine à nous faire entrer dans son univers, léger et espiègle, presque naïf par moments, travaillant sur le minimalisme des créations et sur leur caractère immédiat : mobile, anneaux de couleurs, petit porte-clefs. Pourtant, derrière cette instantanéité de façade, une recherche sur la mise en abyme se fait jour lorsqu’un documentaire vidéo (Things that mean things and things that look like they mean thing) nous relate la production d’un film (entretiens avec les auteurs, repérages) ou qu’une photo d’une jeune fille à la terrasse d’un café montre celle-ci en train d’écrire « repenser l’idée de l’autoportrait » (I am born, I learn to read, walk and speak. I enter my teens I become self-responsible, I enter adulthood, I become self-sufficient).

Au-delà de cette démarche, la majorité des œuvres du Britannique s’attache aux traces que les objets laissent en nous. Ainsi, il est question du souvenir d’éléments qui existent réellement : le mobile est formé de petites cartes figurant les ouvertures traditionnellement utilisées par les cadres en peinture ou photographie, les cercles colorés représentent les anneaux olympiques, les deux « o » de Google et les lunettes d’Harry Potter (Why French people look out of windows) et un tableau reprend les petites annonces laissées par les étudiants aux Beaux-Arts (Casting). Mais, et de manière nettement plus poétique, il est aussi largement question du souvenir de ce qui n’existe pas, de ce qui a été facticement créé par Gander ou de ce qui est peu aisément matérialisable. Un personnage inventé de toutes pièces se trouve ainsi mis en pendentif (Absorbing the sounds and the sights) ou collé sur une vitre à l’aide de stickers enfantins (How I learnt to feel) et le documentaire retrace en vérité un film qui n’existera jamais. S’évertuant à saisir ce qui l’est difficilement, l’Anglais colle sur une baie vitrée un film transparent sur lequel sont imprimées des gouttes de pluie (You can wander off in time and space, visit a place you once knew, make love to a woman you once loved), dispose au-dessus d’un cadre blanc des notes de Glockenspiel qui, jouées de bas en haut, forment les mélodies de démarrage et d’arrêt de Windows XP (Investigation #100 : X is for XyloPhone) ou installe une machine à fumée à côté de la porte de sortie, de telle sorte que seuls les visiteurs encore dans l’espace d’exposition voient effectivement la fumée, à l’inverse de celui qui l’aura déclenchée (Only really applicable to those that can visualise it upside down, back to front and inside out). Chaque création sert donc de support à une petite narration, phénomène accentué par des titres à rallonge déjà largement évocateurs, et prend part à un ensemble particulièrement réussi.

François Bousquet
le 24/04/2009

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