Elsie Else Festival 2009 : 12 Dog Cycle / Dinahbird / Un Escargot Vide ? / Jean-Philippe Renoult / Zrl / Sonic Surgeon + Futsukayoi Kaprikorn / Toba / Bird and Bear

 date du concert

16/05/2009

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

12 Dog Cycle / Bird and Bear / Dinahbird / Elsie Else Records / Futsukayoi Kaprikorn / Instants Chavirés / Jean-Philippe Renoult / Jopo Stereo / Sonic Surgeon / Toba / Un Escargot Vide ? / Zrl

 liens

Jopo Stereo
Instants Chavirés
Toba
Bird and Bear
12 Dog Cycle
Un Escargot Vide ?
Zrl
Sonic Surgeon
Futsukayoi Kaprikorn
Elsie Else Records
Jean-Philippe Renoult

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Après une première édition l’année dernière à laquelle nous n’avions pu assister, nous voici cette fois présent au deuxième festival Elsie Else, apparemment avancé d’un mois par rapport à l’édition 2008. Nous avions en plus cette année une motivation particulière puisque Alexandre Navarro, boss de SEM label, devait jouer ce soir, tandis que l’on allait découvrir Un Escargot Vide ? (organisateur du festival) et revoir Dinahbird. C’est en arrivant sur place que l’on découvrira l’annulation d’Alexandre Navarro... déception.

Du coup c’est à 17h30 que débute le marathon avec finalement huit concerts prévus jusque vers 23h. C’est une jeune femme qui ouvre la soirée sous le nom de Toba. Elle débute avec une electronica délicate, des petites mélodies fragiles, des composants rythmiques façon clic’n cut, l’ensemble est frais sans forcément être léger, et ce set nous paru parfait pour une fin d’après-midi puisque l’on se fera même la réflexion que l’on se croirait à des siestes électroniques. Rien de très nouveau là dedans, mais on ne boudera pas notre plaisir avec petit à petit une musique qui semble devenir un peu plus expérimentale, quelques field recordings font leur apparition, des drones et souffles, tandis que les mélodies passent au second plan et que l’accroche se fait sur les répétitions. Pour finir, une rythmique technoïde étouffée et sourde au second plan, un chant tellement feutré qu’il semble avoir été caché, et au final un petit concert fort plaisant.

Rapide changement de plateau (environ 10mn entre chaque groupe) et on enchaine avec Bird and Bear, un duo formé par un jeune homme au clavier vintage et une jeune femme au laptop et instruments jouets. Ils ont opté pour une introduction complexe, expérimentale où se mêle une multitude de bruitages, pour rapidement s’orienter vers une formule plus pop, tantôt rétro, tantôt naïf, avec un chant aux intonations parfois folk. Le mélange est original, léger, évoquant des musiques des années 50, les fêtes foraines quand le clavier se rapproche de l’orgue de barbarie, et si le groupe manque clairement d’assurance, il dégage aussi un certain charme.

Avec 12 Dog Cycle, on aborde un projet d’une toute autre ampleur. Lui, Nigel Brown, à l’accordéon, laptop, brosse à dent et micro-contact, elle, Alice Hui-Sheng Chang, uniquement à la voix. D’abord les frétillements de la brosse à dent qui s’amplifient petit à petit sous forme de claquements rythmiques, de longues nappes graves d’accordéon, lentes et menaçantes, et puis Alice qui ajoute dans un premier temps sa respiration, des piaillements, puis des cris stridents. Il y a dans cette musique un mélange de douceur et de violence, le tout mené avec un minimalisme apaisant. Si la formule laisse au final un étrange sentiment qui nait de ce contraste, il nous reste de cette prestation le souvenir d’une infinie beauté. Un projet exigeant à suivre !

On passe ensuite à Dinahbird dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises, en particulier lorsqu’elle gérait avec ses comparses le Project 101. Si la diffusion est ici réalisée face au public, son travail se rapproche de la création radiophonique, donc à base de collages de toutes sortes. On sera assez surpris par un premier mouvement très rythmique, mais on retrouvera field recordings, enregistrements de voix diffusées, peut-être déjà extraites de programmes radio ou films, le tout étant construit afin de raconter une histoire, ou du moins de l’évoquer. Si l’on devait comparer cela à des musiques plus habituelles de ces pages, on dirait que le travail de Dinahbird se situe entre ambient et field recordings, avec peut-être une pointe de musique concrète. Toujours est-il que l’on adhère sans problème à ses propositions sonores.

Jean-Philippe Renoult ensuite que l’on avait déjà pu voir sur scène en tant que Jopo Stereo au Project 101. Configuration classique du laptopeur avec ici un set jouant sur les sonorités, les tonalités, oscillations, croisements et rencontres. Quelques voix extraites de discours, nappe épurée oscillante, et réguliers vrombissements sont les trois seuls éléments qui ouvrent ce set. Lorsque la voix dit "There you are !" une nouvelle nappe sinusoïdale prend place, et l’ensemble évolue imperceptiblement. Les oscillations semblent s’accélérer, s’emmêler, s’appliquer aux basses, et la répétition ajoute encore au côté tribal, évoquant les tournoiements d’un didjeridoo. Excellent concert malheureusement un peu perturbé en plein milieu de concert par un bruitiste plantage d’ordinateur.

Cela fait aussi quelques années que l’on croisait Sébastien Szczyrk dans le public, au Project 101 ou aux Instants Chavirés. Il est l’organisateur de ces Elsie Else festivals, et il joue sous le nom de Un Escargot Vide ?, un projet avec lequel il a déjà sorti quelques productions chez EKO/iod (les divisions netlabel de SEM label). Il joue à même le sol avec devant lui une multitude de machines en passant par une Nintendo DS et un Kaoss Pad. Nous n’avions jamais écouté ses productions enregistrées, et c’est donc en live que l’on découvrait sa musique touche à tout. Beaucoup de collages, field recordings et manipulations sonores, un enfant qui parle pour commencer, des textures métallisées, des silences et des cassures, des répétitions créant rythme et accroches mélodiques poétiques, des montées plus bruitistes et des rythmiques saccadées, des nappes lancinantes et apaisantes, et pour finir ces mêmes voix d’enfants dans une cours de récréation sur une mélodie electronica. Un très joli set, riche, varié et contrasté.

Découverte ensuite avec Zrl, un jeune homme seul au laptop, qui joue dans un registre plutôt noise. Début timide à base de basses sourdes et souffle ambiant dont les couches semblent se superposer et se durcir. Le résultat obtenu à son apogée est finalement assez classique avec une énorme et dense texture bruitiste, saturée, grave, dont le son semblera être filtré par la suite, devenant plus aigu, comme un sifflement perçant mis en relief par de graves bouillonnements.

La soirée se terminera avec Sonic Surgeon et Futsukayoi Kaprikorn. On découvrira également le duo sur scène, Sonic Surgeon jouant dans un registre électro-rock expérimental très influencé par la new wave. On pensera d’ailleurs souvent à Joy division pendant ce concert. Futsukayoi Kaprikorn est un autre projet de Un Escargot Vide ?, beaucoup plus orienté electronica ludique, au sens propre d’ailleurs avec cette fois deux Nintendo DS. Leur concert est une série de chansons électro-rock aux sonorités électroniques brutes et rétro, au chant à la fois caverneux et métronomique, avec quelques originalités, en particulier quand Sonic Surgeon se servira d’un tuyau en plastique comme d’un cor. Un mélange intéressant mais on regrettera cette trop forte influence new wave.

Globalement une excellente soirée, et on l’espère pas la dernière du genre malgré un public épars ce soir.

Fabrice ALLARD
le 21/05/2009

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