Vice-Versa

 auteur

Will Self

 metteur en scène

Sophie Cattani, Antoine Oppenheim et François Sabourin

 date

du 14/05/2009 au 06/06/2009

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

Théâtre de la Cité Internationale / Will Self

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

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Romancier anglais, Will Self voit l’une de ses pièces (Vice-Versa, intitulée Cock and Bull en VO, nous y reviendrons) adaptée au théâtre par un trio (Sophie Cattani, Antoine Oppenheim et François Sabourin) qui se charge également de la mise en scène et du jeu. Dans cette courte pièce (une heure au cordeau), il s’agit de suivre un jeune homme (John Bull) qui se rend chez son docteur (Alan Margoulies) car il s’inquiète d’une sorte de plaie ou de blessure apparue derrière son genou gauche.

Si le début de la pièce montre un certain décalage, on bascule rapidement dans une forme de boucle temporelle avec la reprise des deux premières scènes, rejouées deux fois, mais en y ajoutant les pensées des personnages et leurs apartés. Du fait de ces adjonctions, on bascule dans un nonsense très britannique en découvrant la véritable nature de la cicatrice que nous sommes ici tenus de dévoiler afin de rendre pertinent le reste de cette chronique : la plaie est en réalité un vagin, ayant « poussé » dans le pli du genou de John Bull. S’ensuivent alors une émission (de télé ou radio) où les deux héros vont faire part de leurs réactions, puis le récit de l’évolution de leur relation.

Tandis que le burlesque dans lequel la pièce s’est installée ne disparaît jamais, des problématiques ultra-contemporaines sont par conséquent convoquées : voyeurisme médiatique (d’autant plus que la salle s’est rallumée, permettant au public de se faire implicitement complice de cette entreprise d’exposition de l’étrange), questions relatives aux genre et préférences sexuelles (le docteur Margoulies est incontestablement attiré par cette excroissance alors que jusqu’alors, il multipliait les signes d’hétéro-beaufitude : mariage pépère, aventures quasi-quotidiennes avec sa secrétaire ou une autre donzelle, etc..), petite escapade queer (John Bull ne sait plus trop s’il est un homme ou une femme et ne sait surtout pas s’il doit rejeter ou accepter ce second organe sexuel). Pour autant, et malgré l’impression que ces lignes, le titre original (« cock and bull » étant l’expression anglaise pour « sans queue ni tête », mais aussi un jeu de mots sur « cock » - la bite - et « bull », du nom du héros), le T-Shirt très « Origine du monde » qu’arbore John ou la chanson Les nuits d’une Demoiselle de Colette Renard utilisée en bande son (« Je me fais frotter la péninsule/Je me fais béliner le joyau/Je me fais remplir le vestibule/Je me fais ramoner l’abricot ») peuvent laisser, la pièce ne se fait jamais explicitement sexuelle. À une dérive performatrice, les trois comédiens préfèrent un travail sur les ruptures de rythme, le ressenti par le spectateur et un jeu délibérément appuyé qui suscite fréquemment le rire du public ; c’est tout à leur honneur.

Autres dates :
- 13 et 14 juin 2009 : Hippodrome – Douai
- 6 juillet 2009 : Festival des 7 collines – Saint-Étienne

François Bousquet
le 19/05/2009

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