Je crois ?

 auteur

Emmanuel Bourdieu

 metteur en scène

Denis Podalydès

 date

du 05/03/2002 au 31/03/2002

 salle

Théâtre de la Bastille,
Paris

 appréciation
 tags

Emmanuel Bourdieu / Théâtre de la Bastille

 liens

Théâtre de la Bastille

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On attendait beaucoup (peut-être trop ?) de Je crois ?, pièce écrite par Emmanuel Bourdieu, mise en scène par Denis Podalydès et jouée, entre autres, par Cécile Bouillot. On retrouvait, ainsi, le triumvirat gagnant de Candidature, excellent moyen métrage du premier où jouent les deux seconds. Cette comédie satirique sur le monde universitaire, aussi finement dialoguée que justement écrite et remarquablement jouée, nous ayant particulièrement ravis, on se rendait, confiant, au Théâtre de la Bastille, d’autant plus que l’argument (un frère et une sœur, par jeu, intervertissent le « je » et le « tu », mais le garçon n’arrive plus, par la suite, à reparler correctement) avait de quoi séduire.

Présentant Jean et Pauline, le frère et la sœur, tout au long de leur vie (de 2 ans à un âge très avancé), la pièce est extrêmement convaincante dans sa première moitié où les scènes s’enchaînent sur un bon rythme, les situations allant du cocasse au surnaturel lorsqu’on apprend que Jean, du fait du traumatisme causé par l’inversion des pronoms, lit les pensées des autres mais n’arrive pas à en avoir de son côté. Quand celui-ci rencontre, puis s’installe avec Muriel, tout semble retourner dans l’ordre, mais sa sœur, perverse et possessive, lui rappelle le jeu et Jean retombe dans ses travers passés.

Efficace dans sa mise en scène (on notera la belle utilisation du fond de la scène et de la voix off) et bien jouée, la pièce, à partir d’un moment, pêche par excès, se regardant le nombril et se perdant en circonvolutions kantiennes (le moi phénoménal et le moi noménal) et freudiennes (le moi et le surmoi). Le spectateur a alors un peu de mal à suivre et se trouve déconnecté. C’est d’autant plus dommage que le début laissait augurer d’une véritable réussite, lançant plusieurs pistes et sujets d’interrogation : l’inversion des pronoms remettant totalement en cause, dans l’esprit de Jean, sa relation-même avec Pauline (fraternité ? inceste ? maternité ?) ; le langage devenant source de questionnement (doit-il être simplement communicatif ou sa fonction va-t-elle au-delà ?), etc… Malheureusement à trop vouloir embrasser, on étreint mal.

Autres dates :
- du 3 au 5 mai 2002 : Equinoxe - Châteauroux
- 13 et 14 mars 2003 : Nouveau Théâtre - Besançon
- 31 mars et 1er avril 2003 : Trident - Cherbourg
- 3 avril 2003 : Théâtre - Auxerre

François Bousquet
le 19/03/2002

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