Nadja / ThisQuietArmy / Aidan Baker

 date du concert

08/06/2009

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Aidan Baker / de bruit et de silence / Destroyalldreamers / Instants Chavirés / Nadja / thisquietarmy

 liens

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de bruit et de silence
thisquietarmy
Nadja
Aidan Baker

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Après Balmorhea et Peter Broderick en mai, debruit&desilence nous proposait la troisième soirée de la série avec une affiche canadienne composée de projets assez proches puisque nous avions dans l’ordre Aidan Baker, ThisQuietArmy (qui a déjà collaboré avec le premier), et Nadja en tête d’affiche, duo composé d’Aidan Baker et Leah Buckareff.

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Aidan Baker

C’est logiquement Aidan Baker qui ouvre la soirée en solo. Il prend place devant une valise marquée par le temps remplie de machines électroniques. Il commence son set avec une ambient soyeuse, ondulations de notes de guitare, douces résonances électroniques, puis il prend sa guitare, et se met au micro, ajoutant un discret jeu de guitare et un chant murmuré, feutré. Tour à tour ambient, post-rock menaçant, laissant la part belle à l’électronique pour des passages plus abstrait mais revenant toujours à un certain classicisme avec la guitare, Aidan Baker finit par trouver un juste équilibre entre les genres. Il terminera par un morceau sortant un peu du lot, toujours assez aérien mais plus clair, avec un chant un peu plus présent, nous faisant penser à ce que l’on pouvait qualifier un temps de post-pop.
Un concert assez court, une petite demi-heure, accompagné de visuels lorgnant vers l’abstraction, qui fut une excellente introduction à la soirée.

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ThisQuietArmy (Eric Quach)

On enchaînait ensuite avec ThisQuietArmy, le projet d’Erich Quach par ailleurs membre du groupe canadien DestroyAllDreamers. Nous avions chroniqué l’an dernier son album Unconquered sorti sur le label polonais Foreshadow Music, et ce concert nous paru très proche de celui-ci, donnant parfois l’impression de le revisiter pour le live. Pour exemple, le Canadien commencera par une belle ouverture d’ambient à guitare avec Battlefield Arkestrah qu’il enchaînera avec Warchitects dont nous sommes moins fan, avec une mélodie trop mise en avant, manquant un peu de finesse. La suite est dans cette même lignée, peut-être plus nerveux que ce à quoi on s’attendait, construisant ses morceaux à partir de guitares lourdes, drones, ajoutant parfois une rythmique dispensable.
Sur scène, Eric Quach se présente au public de profil, avec devant lui une table de mixage et une batterie de pédales d’effets aux pieds, se mettant régulièrement accroupi pour triturer celles-ci, modulant le son mais donnant du même coup l’impression de chercher à régler un problème technique. Le reste du temps, il le passe tourné vers l’écran en fond de salle, comme pour se caler aux visuels abstraits.
Si l’on venait ce soir principalement pour ThisQuietArmy, on sortira un peu déçu par sa prestation, avec comme pour Troum quelques jours plus tôt, le sentiment d’être avant tout un artiste de studio.

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Nadja

Comme pressé par le temps, Nadja nous surprend en prenant place sur scène alors que ca ne fait même pas 10mn qu’Eric Quach a terminé son set. On retrouve donc Aidan Baker dans une configuration similaire à son premier set, valise électronique et guitare, tandis que Leah Buckareff est à la basse, et dos au public pendant tout le set.
On n’avait écouté de Nadja que quelques collaborations, nous donnant qu’une idée partielle de leur travail, et notamment un aperçu très rock. Ce fut du coup une surprise de découvrir ici un son plus dense, guitare et basse formant la majeure partie du temps un immense mur sonore, puissant mais mélodique, imposant, nous enveloppant en permanance et provoquant notre totale et immédiate adhésion. Ce n’est qu’un premier avis sur le groupe, mais contrairement à ThisQuietArmy, on aura ici l’impression que Nadja est justement et avant tout un groupe à voir sur scène. Si le set est plus uniforme que celui d’Aidan Baker en solo, le principe reste le même avec quelques intermèdes d’ambient électronique triturée, des guitares boostées et quelques vocaux noyées dans la masse.
Si on était venu pour ThisQuietArmy, on est reparti avec Nadja, mais à l’heure du passage au stand disques, c’est toujours sur le premier que notre choix s’est porté, évitant le large spectre discographique de Nadja dont nous n’aimerons certainement qu’une part.

Fabrice ALLARD
le 14/06/2009

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