Siestes Electroniques 2009 : Ghostape / Etienne Jaumet / Kim Hiorthoy / Prosumer

 date du concert

27/06/2009

 salle

Prairie des Filtres,
Toulouse

 tags

Etienne Jaumet / Festival des Siestes Electroniques 2009 / Ghostape / Kim Hiorthoy / Prairie des Filtres / Prosumer / Turzi

 liens

Kim Hiorthoy
Turzi
Festival des Siestes Electroniques 2009
Ghostape
Etienne Jaumet
Prosumer

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Après les deux soirées au Théâtre Garonne, on retrouvait aujourd’hui la Prairie des Filtres, le parc dans lequel se déroulent les siestes ensoleillées depuis 2007. Après une programmation plus éclectiques, mais aussi nettement moins électronique l’an passé, on revenait cette année à un véritable festival de musiques électroniques mêlant valeurs sûres et découvertes.

Découverte justement pour commencer vers 17h avec le Suisse Ghostape pour un étonnant projet essentiellement vocal. Silhouette fluette, voix adolescente, Ghostape surprend. Comme beaucoup d’artistes qui se produisent sur scène en solo, le Suisse se sample en direct, crée ses boucles vocales, s’aidant occasionnellement de quelques percussions, d’un mélodica et compose ainsi la musique qui servira de base à ses chansons. Une fois la structure en place, il chante de manière relativement classique des ballades douces-amères attachantes. Un concert assez court mais une belle introduction à cette journée.

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Etienne Jaumet

Le cas Etienne Jaumet est quelque peu différent. Sans le savoir, vous l’avez certainement déjà croisé, sur scène au sein de Turzi, Zombie Zombie, voire même des Married Monk, son champ d’expérimentation est assez vaste pour ce touche à tout de l’électronique. C’est notamment l’un de ces artistes que l’on attendait tout particulièrement, celui-ci se faisant bizarrement connaître en solo en plein boom d’un revival psyché-kraut-70s. On parlera donc ici du cas Etienne Jaumet qui nous pose quelques problèmes quand on est fan des musiques planantes des années 70s mais que l’on déteste les revivals.
Seul sur scène donc, entouré de vieux synthés analogiques, il nous surprend d’abord en jouant du saxophone sur ses nappes électroniques, saxophone un peu noyé dans les effets pour ajouter encore à l’aspect aérien de sa musique. Ambiance à la cool, évidemment parfaite pour les siestes, n’invitant qu’à s’allonger dans la Prairie des Filtres, profiter du soleil et de l’herbe qui nous chatouille. Il abandonnera ensuite le saxophone, se consacrant pleinement à ses machines : nappes flottantes, montées d’arpèges, boucles qui tournent à l’infini contribuant à l’hypnotisme. Bien sûr, ça fonctionne à merveille, mais on ne peut s’empêcher de penser que tout cela est un peu facile et vain.
A la fin, quelques rythmiques font leur apparition, semblant enfin faire le pont entre les années 70 et les musiques actuelles. On se dira après le concert que oui, on a adoré, Etienne Jaumet à l’air "sooooo cool", que c’était parfait dans ce contexte de festival en plein air, mais on aura aussi et surtout envie de vous dire d’aller écouter les originaux, à savoir les disques des années 70 de Klaus Schulze, Tangerine Dream, ou même Can dans un registre un peu différent.

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Kim Hiorthoy

Autre artiste que l’on avait hâte de voir, le norvégien Kim Hiorthoy, un artiste un peu trop rare par chez nous, uniquement croisé il y a quelques années au festival des Boréales Digitales où il nous avait offert un set étonnamment dur et dansant. Son travail est en fait assez éclectique tout en restant purement électronique, allant de ballades electronica-pop à une drum’n bass saturée.
A l’écoute des premières notes de son set, on se rend compte que le Norvégien à bien compris dans quel cadre il jouait, et que les Siestes Électroniques a beau être un festival de musiques électroniques, un set dansant n’était pas forcément le plus adapté. Petites mélodies électroniques, notes de piano éparses et délicates, accords de cordes un peu alambiqués, rythmiques fines gentiment claquantes, Kim Hiorthoy délivre dans un premier temps une electronica classieuse qui trouverait assez logiquement sa place chez Morr Music. Petit à petit les rythmiques prennent un peu plus d’importance, ses mélodies flirtent avec l’acoustique (cuivres samplés), empreintes d’une légère mélancolie mais aussi d’une certaine douceur qui vient joliment contraster avec des rythmiques plus cassantes et franchement dansantes en fin de concert.
Excellente performance, superbe évolution sur l’ensemble de son set, ne faisant que confirmer tout le bien que l’on pensait de cet artiste.

Kim Hiorthoy avait déjà préparé le terrain, et Prosumer pouvait débuter son set sans préliminaires. Prosumer est l’alias de l’allemand Achim Brandenburg qui joue une house musclée en résidence au Panaroma Bar de Berlin. Ce soir il nous offrira un excellent set entre la house de Chicago et la techno de Detroit, donc plutôt minimal, particulièrement efficace, diffusant quelques mélodies avec parcimonie, bref, la classe. Bien sûr, comme souvent aux Siestes, une partie du public se met à danser et ce dernier live se prolonge jusqu’à près de 22h alors que le soleil se couche doucement.

Fort belle journée de Siestes Electroniques donc, avec d’une part une programmation vraiment chouette, revenant à ses premières amours, mais surtout un enchaînement d’artiste absolument parfait, créant une belle montée tout au long de ses cinq heures. On devrait vivre ce dimanche à peu près le même enchantement avec une programmation véritablement symétrique : Half a Rainbow pour l’electronica, Dominique Leone pour les 70s, Larytta pour l’electronica indie-tubesque et Hudson Mohawke, dernière signature Warp que l’on avait zappé aux 20 ans du label à la Cité de la Musique.

Fabrice ALLARD
le 28/06/2009

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