Kettel

Myam James 2

(Sending Orbs / Import)

 date de sortie

12/05/2009

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Electronica / Kettel / Sending Orbs

 liens

Kettel
Sending Orbs

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Décellophaner un nouveau disque, l’insérer dans le lecteur, appuyer sur "play" et s’apprêter à une première écoute distraite en vaquant à d’autres occupations. Puis, après deux minutes, s’arrêter net et s’exclamer "on tient un chef-d’oeuvre, là". Une seule écoute - et dieu sait qu’il y en eut bien d’autres depuis - suffit pour être convaincu par la grâce éblouissante de Kingscourt Imp, le morceau d’ouverture du dernier Kettel. Cinq minutes trente d’une mélodie évolutive, prenante, douce et légère mais aussi enveloppante et virevoltante, avec un final splendide d’emphase retenue. Ce titre, qui s’inscrit d’emblée parmi les meilleurs de son auteur et de l’année, est une pure merveille. Difficile alors, pourrions-nous croire, de maintenir un tel niveau tout au long d’un disque long et dense (18 morceaux, 67 minutes). Détrompons-nous : si chacun d’eux n’atteint pas de tels sommets, Myam James 2 voit le prodige néerlandais renouer avec ses meilleures heures, celles de Volleyed Iron sur U-Cover et de My Dogan sur Sending Orbs.

Avec cet album, son dixième déjà en seulement neuf ans et son quatrième sur l’impeccable structure qu’il co-gère avec son frère Wouter, Reimer Eising laisse s’exprimer, plus que jamais serions-nous presque porté à écrire, sa formation classique et l’étendue de son inspiration. Le disque est charpenté autour de pièces dominées par le piano - tantôt à l’état pur (Shinjuku Inn, You Understand This Night ?, Sauce et Fish Creek, terme de ce périple), tantôt programmé et augmenté d’effets divers (Michael Space Airlines, Song From Toverpeeks) - ou par les cordes (Pers Patrys), voire par des sonorités évoquant la harpe (le complexe et gracieux Begging For A Herring), et par des respirations franchement plus ambient (Song From 4PM Herring, Memory Steps). Tout ceci tranche agréablement avec une certaine frénésie à laquelle le lutin Kettel nous avait habitué sur ses précédentes productions.

Les morceaux purement electronica ne se taillent dès lors pas la part du lion ici. S’ils sont d’une facture en apparence plus conventionnelle, ils demeurent toujours parfaitement construits, agrégeant diverses couches et laissant, comme toujours, s’exprimer amplement et au premier plan des mélodies ravissantes, mutines et divaguantes (Boekebaas, Nicola, Sentiment). A cet égard, la palme sera décernée au délicieux Verkens In Londen et surtout à Kitana et sa ritournelle d’une beauté simple, désarmante et immédiatement addictive, digne de figurer en bonne place sur une compilation de perfect electronica pop songs destinée à charmer jusqu’aux oreilles les plus inexpertes...

Avec ce superbe disque, incontestablement son meilleur paru sur Sending Orbs et qui rejoint Volleyed Iron au pinacle de sa production, Kettel, mélodiste electronica hors pair, nous offre un voyage de plus d’une heure hors du temps, au pays de la musique à l’état pur. Cette collection de joyaux, si elle est peut-être moins ambitieuse, en termes d’exploration musicale pure, que l’album précité, voire que Myam James part 1, est immédiatement séduisante et ne donne qu’une seule envie à l’auditeur une fois le parcours achevé : replonger d’emblée dans ces eaux sonores limpides dont l’on ne s’extrait qu’à regret. N’est-ce pas là précisément la marque des oeuvres marquantes ?

Gilles Genicot
le 29/06/2009

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