Siestes Electroniques 2009 : Half a Rainbow / Dominique Leone / Larytta / Hudson Mohawke

 date du concert

28/06/2009

 salle

Prairie des Filtres,
Toulouse

 tags

9th Cloud / Dominique Leone / Festival des Siestes Electroniques 2009 / Half a Rainbow / Hudson Mohawke / Larytta / Prairie des Filtres

 liens

9th Cloud
Festival des Siestes Electroniques 2009
Half a Rainbow
Dominique Leone
Larytta
Hudson Mohawke

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Dernière journée de Siestes Electroniques, toujours sous le soleil toulousain, avec encore une programmation excitante avec en tête les suisses de Larytta et Hudson Mohawke, la dernière signature Warp.

Half a Rainbow {JPEG}Demie découverte pour commencer avec le duo français Half a Rainbow. Demie découverte puisque cette nouvelle formation est composée de deux projets solo, Vompleud d’une part produisant une electronica mélodique, et 9th Cloud dont nous avons déjà parlé sur ces pages, produisant une electronica plus influencée par le hip-hop. Cette réunion de talents était prometteuse sur le papier et on ne sera pas déçu par leur live. Electronica assez classique mais bien fichue, aux mélodies mêlant dans un premier temps une certaine légèreté et une douceur nostalgique avec déjà de belles rythmiques typiques du genre, cassantes mais qui ne perdent pas pied. Et puis petit à petit celles-ci vont se faire plus présentes, aux syncopes un peu plus systématiques, allant même jusqu’à une rythmique binaire aux basses lourdes en fin de live, invitant clairement à danser même s’il déclareront plus tard en interview qu’ils ne font pas de la musique de danse, expliquant que leur live est construit sur une logique concert plutôt que DJ set avec par conséquent des morceaux très écrit. A ce propos, si leurs morceaux étaient écris, on appréciera leur manière originale de les enchaîner, très abrupte donnant l’impression de s’arrêter avant la fin d’un titre et de prendre le suivant en plein milieu, créant quelques collisions intéressantes.
Si 9th Cloud et Vompleud ont sorti leurs albums solo sur le label Corse Key on A Records, pas la peine de chercher un album de Half a Rainbow à l’heure actuelle, le duo n’ayant pas encore laissé de traces discographiques.

Dominique Leone {JPEG}Le cas de Domnique Leone est un peu plus complexe et un cas à part dans cette programmation ultra électronique. En effet la formation nous rappellera le Kammerflimmer Kollektief qui jouait ici il y a deux ans. Trois musiciens, une jeune femme à la flûte traversière, un homme au trombone et Dominique Leone aux machines. Comme on s’y attendait, leur concert fleure bon les années 70 avec des notes et mélodies flottantes, répétitives, pleine d’écho, qui semble venir de toute part pour un résultat psychédélique et kaléidoscopique. Le ton change un peu quand Dominique Leone se met à chanter d’une voix étonnante et relativement haut perchée, apportant une certaine structure à ses morceaux, s’appuyant aussi de plus en plus sur une électronique, et en particulier une base rythmique/basse frétillante et hypnotique. Le chant est quant à lui assez particulier, partant dans d’amples et brèves envolées, des propos répétitifs, faisant même penser plus tard à une comédie musicale.
Il s’agissait surement de la formation la plus expérimentale de ces siestes, avec un étonnant mélange de structure électronique et un aspect plus free de l’acoustique, à la fois très moderne mais lorgnant ouvertement vers les années 70, hétéroclite, Dominique Leone était un peu l’OMNI (Objet Musical Non Identifié) du festival. Hasard ou coïncidence, on notera que la prochette de son album éponyme sorti sur le label norvégien Strømland Records a été réalisée par Kim Hiorthoy qui jouait ici la veille !

Larytta {JPEG}Ca fait un petit moment que l’on suivait l’évolution des suisses de Larytta et leur label, Creaked Records basé à Lausanne. On était donc heureux de pouvoir les découvrir en concert. De loin d’abord, deux jeunes hommes sur scène, et la surprise de les voir chanter alors que l’on s’attendait à une musique plus strictement électronique. Musique rythmée, entrainante, les deux musiciens qui bondissent dans tous les sens, parvenant en peu de temps à faire se lever quelques spectateurs qui commencent à danser. On est d’abord intrigué et on s’approche pour voir le phénomène de plus près. Bizarrement le duo donne l’impression de faire sa musique avec trois bouts de ficelle alors que leur configuration est loin d’être minimale. Un laptop pour une base certainement assez figée, un clavier, des pédales d’effet utilisées pour triturer et découper en live leurs boucles, une guitare par moment et les deux musiciens qui se produisent aussi au chant, soit tout ce qu’il faut pour faire un véritable live. Cette impression de bricolage provient certainement d’un choix de sonorités assez brutes, des (dé-)constructions directes visiblement faites dans un esprit ludique. Toujours est-il que si les sonorités ne sont pas d’une originalité débordante (alors que souvent les musiques électroniques insistent sur le travail sur le son), Larytta fait preuve d’un impressionnant sens du rythme avec des grooves complexes mais toujours efficaces, ajoute quelques mélodies basiques mais suffisantes pour accrocher l’oreille, et ajoute par dessus un chant hip-pop tantôt scandé, tantôt particulièrement suave. Sur scène le groupe déborde d’énergie, ce qui fait plutôt plaisir à voir quand la plupart des artistes de la scène électronique sont la majeure partie du temps rivés derrière leur laptop.
Larytta est certainement notre plus gros coup de cœur du festival, une rencontre entre chansons pop, électronique dansante et énergie rock. On rentrera d’ailleurs sur Paris avec leur album.

Hudson Mohawke {JPEG}Surprise encore avec Hudson Mohawke, dernière signature du label Warp, pour clôturer cette édition des Siestes Électroniques. Surprise parce qu’en général le festival se termine par un set très dansant alors qu’il sera difficile d’esquisser quelques pas de danse sur la musique de l’anglais, particulièrement breakée. Aux premières notes, on aura l’impression de comprendre pourquoi le jeune album est signé chez Warp, ses complexes et abstraits échafaudages rythmiques pouvant être vu comme une prolongation de certains travaux d’Autechre auxquels Hudson Mohawke ajouterait un supplément d’âme lui aussi pas toujours évident. On a parfois un peu de mal à suivre la progression de son set, une fois avec des bleeps casio bruts et minimalistes, plus tard avec de superbes mélodies telles qu’on pourrait en trouver sur une electronica mélodique à la Expanding, puis des envolées électroniques et vocales à la manière des Boards of Canada, et des passages soul sans jamais tenir son propos très longtemps. Une sorte de kaléidoscope électronique en somme.
Par ailleurs, si la première partie de son set semblait être un véritable concert, au bout d’une petite demi-heure il alternera entre ses propres compositions et des disques à la manière d’un DJ puisqu’il se produisait avec laptop et platine. Hommage oblige au roi de la pop, on aura droit au Rock With You de Michael Jackson et un peu plus tard le Between the Sheets de The Isley Brothers, insuflant toujours un peu de soul dans son set. _On partira de là pas totalement convaincu, mais suffisamment intrigué pour nous donner envie de voir ce que ça donne sur disque.

Après une édition 2008 un peu en deça, notamment marquée par une nette diminution de la part de l’électronique, cette année fut une belle réussite. Excellente programmation, météo estivale, bonne ambiance, bref, certainement pas notre dernière édition !!

Fabrice ALLARD
le 30/06/2009

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