:Take: / Félicia Atkinson / Oldine

 date du concert

02/07/2009

 salle

Rigoletto,
Paris

 tags

:Take: / Félicia Atkinson / Louisville / Oldine / Rigoletto

 liens

Félicia Atkinson
Rigoletto
Louisville
:Take:

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Par ces grandes chaleurs, rien ne vaut un petit Rigoletto légèrement climatisé, accompagné d’une petite bière et de douces musiques. Apparemment montée un peu à la dernière minute, cette soirée nous permettait de découvrir :Take: sur scène, d’apprécier Felicia Atkinson en solo après sa prestation aux Instants Chavirés au sein de Louisville, et enfin de découvrir qu’Oldine est toujours actif alors qu’il nous semblait l’avoir perdu de vue depuis 2002 et un concert au Pop In...

:Take: {JPEG}C’est :Take: qui ouvre la soirée, tardivement, mais les trois concerts qui allaient suivre étaient de courte durée. On avait jusque là seulement écouté la musique de Jérôme Boutinot (organisateur de concerts avec Boss Kitty, et maintenant ali_fib) sur son MySpace il y a plusieurs mois de cela. Aussi ce concert était un peu une découverte en live en attendant d’écouter son split avec White/Lichens sorti il y a quelques semaines.
C’est donc vers 21h30 que :Take: prend place, assis sur une chaise, guitare en main, pédales d’effet et guirlande lumineuse à ses pieds. On retrouve le principe d’accumulation d’éléments sonores, samplés et mis en boucle en direct. Rapide et fin égrenage de la guitare pour commencer, puis une nappe, des croisements voire même enchevêtrements mélodiques, dessinant une ambient en demi teinte : sonorités claires, lumineuses, mais des mélodies tristounes pour un résultat plutôt attachant. Ne restant jamais trop longtemps sur ses structures sonores, :Take: se renouvèle assez rapidement, évitant la lassitude que peuvent provoquer les boucles mélodiques, et provoquant de nombreuses cassures avant de bifurquer sur un autre mouvement.
On sortira de cette prestation d’une petite demi-heure avec une impression de "jolie musique", agréable, douce à l’oreille, mais manquant peut-être de contrastes, et éléments plus arides pour véritablement marquer les esprits.

C’est Felicia Atkinson qui prend discrètement le relai puisqu’elle commencera timidement, donnant d’abord l’impression de régler sa guitare alors que le public n’y prête pas encore attention. Le principe est le même que précédemment avec mise en boucle d’éléments joués en direct. Les contrastes sont ici très forts, puisque Felicia Atkinson commence par des égrenages proche de l’hésitation, enchainant avec une lourde boucle de basse, puis venant murmurer quelques mots, à peine audibles dans le micro. Par contre c’est lancinant, ultra répétitif, avec un certain manque de maitrise dont certains trouveront qu’il contribue au charme du projet. Un gros larsen viendra rompre la quiétude de ce set, larsen qui se trouvera samplé et joué en boucle, mais parfois les problèmes techniques créent par hasard des résultats intéressants puisqu’en essayant de supprimer celui-ci, Felicia ne le réduira qu’en partie, et joué en boucle il rappellera une tonalité téléphonique, comme celle qu’on entend alors que le correspondant ne décroche pas.
Felicia Atkinson ne cherche pas vraiment à faire des mélodies, celles-ci semblent se former un peu par hasard, au gré de l’accumulation des éléments, murmures, nappes de mélodica et autres frottements de cordes. Agréable mais pas pleinement convainquant alors que son album sorti chez Spekk est quant à lui tout à fait recommandable.

Oldine {JPEG}On terminera avec Oldine, soit Thomas Robyn, notamment responsable du label Le Cri de la Harpe. C’est finalement des trois artistes celui que l’on connaissait le moins. L’utilisation du sampling live est ici nettement moins systématique. À la manière de Felicia Atkinson, il est assis par terre et joue quelques notes délicates sur sa six cordes, un son classique, limite folk puis il se lève et adopte à la fois une posture et un style plus rock avec un son devenu brut, rugueux. Il délivre alors un rock instrumental épuré, bientôt rejoint par une voix uniquement fredonnée (pas de textes). L’utilisation de la voix est assez récurrent malgré le fait que ces pièces soient instrumentales : il imite le sifflement de feux d’artifice, crée une rythmique vocale et à mi-parcours il est rejoint par sa copine. Tout deux assis en tailleur, superposant les nappes de mélodica, elle fredonnant d’une voix douce et feutrée, on change encore de style mais on apprécie ce break plus ambient. La jeune femme s’effacera laissant Oldine terminer seul avec un superbe morceau, marqué par une basse binaire soulignant joliment une fine, entêtante et envoutante mélodie de guitare claire.
On sortira de là avec une impression générale de désordre, Thomas Robyn semblant explorer de (trop ?) nombreuses voies en peu de temps, mais on appréciera son travail et on espère avoir l’occasion de le recroiser avant 4 ou 5 ans !...

Fabrice ALLARD
le 05/07/2009

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