Alexei Borisov / Erik Minkkinen / Matterlink

 date du concert

20/07/2009

 salle

Société de Curiosités,
Paris

 tags

Alexei Borisov / Erik Minkkinen / F.R.U.I.T.S. / Matterlink / Société de Curiosités

 liens

Erik Minkkinen
Alexei Borisov
Société de Curiosités
Matterlink

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Artiste extrêmement rare par chez nous, Alexei Borisov dont nous parlons régulièrement des productions discographiques et notamment ses collaborations avec Anton Nikkilä, était de passage sur Paris et invitait ce soir Erik Minkkinen que nous n’avions pas vu en concert depuis bien longtemps. Deux très bonnes occasions de se déplacer jusqu’à la Société de Curiosités et de découvrir du même coup Matterlink.

Comme c’est généralement le principe à la Société de Curiosités, on joue avec des contours flous, les formations se croisent pour en former d’autres, des rencontres inédites. La soirée allait donc être divisée en deux parties qui alterneraient collaborations et solos.
C’est tout d’abord Matterlink (James June Schneider de son vrai nom) et Alexei Borisov qui jouent ensemble. Matterlink est plus vidéaste que musicien, mais sa pratique des arts visuels s’apparente à la pratique musicale, samplant des films en direct pour en rediffuser des boucles dont la bande son, dialogues et bruitages, venait se mêler à la musique du Russe. Accord parfait entre les deux artistes, Alexei Borisov ayant un son véritablement lo-fi, brut et grésillant, qui se mariait à merveille avec ces extraits de séries TV de science-fiction des années 70, Star Trek en tête. Les deux artistes donnaient alors l’impression de composer une abstraction de la bande son d’origine, comme un collage, des superpositions de bruitages divers, avec notamment les ondes radio et voix triturées de Borisov.
Au bout de quelques minutes, Matterlink s’efface et laisse le Russe continuer seul. Il nous étonnera par la finesse de son set, avec toujours des sonorités pas forcément faciles d’accès, crades, pleines de grésillements et souffles leur conférant plutôt le statut de bruits, mais agencés intelligemment, avec un réel sens de la narration, amenées par vagues. Une partie d’entre eux devaient être enregistrés, peut-être sur minidisc, permettant à l’artiste de terminer avec une mélodie de guitare répétitive et flottante, contribuant à créer une ambiance, un univers.

Après une petite demi-heure de pause on reprend avec Erik Minkkinen qui ouvre cette deuxième partie de soirée en solo. De mémoire, cela doit faire près de cinq ans ans qu’on ne l’avait pas vu sur scène, moins attiré par le projet Sister Iodine qu’on ne l’était par Discom. Il se produit ici à la guitare mais dans une posture plus proche de l’impro sur guitare préparée que du guitar hero. Petits pincements de cordes et grands coups donnés sur son instrument, il délivrera un set court (une dizaine de minutes ?) mais intense.
Il sera ensuite rejoint par Alexei Borisov et Matterlink, le trio jouant alors une vingtaine de minutes. Après la première partie, on n’aura plus vraiment d’effet de surprise, retrouvant le son de chacun des protagonistes : sifflements et chuintement bruitistes, brefs frottements des cordes pour des ébauches d’accords de guitare, et extraits de films, le concert se terminant par une boucle jazz-blues inattendue, rythmée par les bruitages électroniques de Borisov.

Deux petits concerts, mais un immense plaisir de revoir le Russe que l’on n’avait pas vu sur scène depuis son passage au Batofar en 2001 lors d’une soirée Infamous Labels. Il jouait alors en duo en tant que F.R.U.I.T.S.

Fabrice ALLARD
le 23/07/2009

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