Alfred 23 Harth / Hans Joaquim Irmler / Günter Müller

Taste Tribes

(For 4 Ears / Metamkine)

 date de sortie

06/11/2008

 genre

Electronique

 style

Musique Concrète / Free / Electroacoustique

 appréciation

 écouter

1 MP3 (extrait)

 tags

Alfred Harth / Electroacoustique / For 4 Ears / Free / Günter Müller / Hans Joachim Irmler / Musique Concrète

 liens

Günter Müller
For 4 Ears
Alfred Harth

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Comme très souvent chez For 4 Ears, un album est aussi une occasion de collaboration, à moins que ce ne soit l’inverse. Toujours est-il que l’on retrouve ici trois artistes logiquement proches de la scène improvisée. Günter Müller bien sûr, musicien mais aussi responsable du label, Hans Joaquim Irmler, connu comme étant membre des cultes Faust, mais aussi auteur en solo d’un très bel album chez Staubgold, et enfin Alfred Harth aux cuivres qui a lui travaillé avec Otomo Yoshihide, Barre Phillips ou John Zorn pour n’en siter que quelques uns.

Ce trio a par contre la particularité d’avoir été uniquement virtuel avant la production de l’album. En effet, Harth a d’abord travaillé avec Irmler pour quelques séances d’improvisation-enregistrement, puis il a profité d’un passage en Suisse pour faire de même avec Günter Müller. Une fois rentré en Corée où il vit actuellement, il s’est attelé à la reconstitution de ce trio. Ce n’est qu’après la sortie de l’album, en décembre 2008, que cette formation s’est retrouvée en chair et en os pour un concert à l’occasion de la sortie de Taste Tribes.
Harth est principalement aux cruivres (clarinette, saxophone), Irmler à l’orgue, tandis que l’on retrouve Müller avec son iPod et autres machines électroniques. Harth étant d’une part le maître d’œuvre, et d’autre part présent dans les deux duos enregistrés, on remarquera la prédominance de son travail, propre des musiques improvisées, produisant des sonorités qu’il va chercher aux confins des possibilités de ses instruments. Ce sont donc de nombreux souffles, sons concrets qui semblent provenir de l’embouchure de ses instruments, et rapides piaillements qui ponctuent l’album. Son travail, souvent très fin, parfois proche de micro-sonorités électroniques, se marie parfaitement aux productions de ses deux comparses qui ébauchent généralement un dense tapis sonore fait de bruitages concrets et triturés, ou une ambient minimale qui tend à exacerber la beauté de chaque interjection des cuivres. À ce titre, Weasel Worlds et Eruptive Obfuscation, deux pièces de 18 minutes, sortent du lot avec leur alternance de passages lancinants et rêveurs et de tensions industrielles.
On retiendra également Genuine Imitation qui ouvre l’album et annonce de belle manière ce qui nous attend, avec en 8 minute un concentré de musique concrète, drones, chuintements, ambient, et montée bruitiste aidée par quelques samples de guitares de Makoto Kawabata.

Entre cette petite participation du Japonais et Irmler, on aurait pu obtenir là un bel exemple de musique psyché-free, mais on reste globalement dans un environnement connu fait d’improvisations électroacoustiques. On pourra regretter la prédominance des cuivres et la discrétion des claviers de Hans Joaquim Irlmer, mais c’est une question de goût, l’album étant par ailleurs riche et contrasté, à multiples facettes.

Fabrice ALLARD
le 26/07/2009

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