Festival international de films de femmes de Créteil 2002

 date

du 15/03/2002 au 24/03/2002

 salle

Maison des Arts,
Créteil

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Vingt-quatrième édition du Festival International de Films de Femmes, bien implanté à la fois dans la préfecture du Val-de-Marne et dans le paysage cinématographique. Plusieurs temps forts cette année : coup de projecteur, en une quarantaine de films, sur les réalisatrices "latinas" (en provenance d’Amérique Latine), rétrospective consacrée à Nathalie Baye et cinquante courts et longs-métrages inédits en compétition. Pour notre part, nous nous en tiendrons aux longs-métrages de fiction.

De la réalisatrice portugaise Teresa Villaverde, on avait apprécié naguère Os Mutantes, malheureusement, Agua e Sal ne fut pas à la hauteur. Sur un thème relativement classique (une mère, plaquée par son mari qui a emmené leur fille, se désole de ne pas la voir plus souvent et rencontre un bellâtre un peu aventurier), l’histoire se déroule sans vraiment convaincre, ni surprendre. On remarqua cependant quelques beaux plans, notamment ceux sur la plage, et une bonne idée (quoique tournant un peu trop au gimmick à la longue) : à chaque dialogue, la personne qui parle est hors champ, c’est l’autre qui est filmée.

Passages obligés de tout festival qui se respecte, les films extrêmes-orientaux furent donc au rendez-vous à la Maison des Arts de Créteil. On apprécia tout d’abord Conjugaison, premier film d’Emily Tang, chinoise de Chine Populaire mais ayant fait produire son film à Hong-Kong. Cette chronique intimiste des mois qui suivirent les événements de Tian’anmen, vus à travers la vie quotidienne d’un jeune couple pékinois, établit un parallèle intéressant et, heureusement, non excessivement surligné, entre leurs petites histoires et l’Histoire. On navigue ainsi entre beuveries, virées dans les bars, soucis de logement, courses aux supermarché et irruption du libéralisme, du capitalisme et ouverture à l’économie de marché. Pendant qu’imperturbables, les discours nationalistes sont diffusés en boucle à la radio, le couple et leurs amis perdent, petit à petit, tous leurs espoirs et apparaissent, au fur et à mesure du film, de plus en plus désabusés et résignés (au point même de se partager la collecte effectuée auprès des étudiants, en faveur d’un groupuscule révolutionnaire). Marqué par sa grande francophilie (l’héroïne étudie le français, des chansons d’Yves Montand passent dans le café ouvert par l’un des amis du couple), ce beau film, d’une grande fluidité malgré une narration éclatée et quelques longueurs, pourrait apparaître comme un proche voisin de Platform de Jia Zhangke.

Autre belle découverte, mais radicalement différente, Take Care of my Cat de la Sud-coréenne Jeong Jae-eun, raconte le destin de cinq jeunes filles d’une vingtaine d’années dans le Séoul d’aujourd’hui. Entre désir d’émancipation, volonté de reconnaissance sociale et recherche d’un certain bien-être, on suit l’évolution du petit groupe qui tantôt se délite, tantôt se retrouve (sur ce point, on le rapprochera du réussi La Vie ne me fait pas peur), notamment autour du chaton du titre trouvé par l’une d’elles. Bien qu’apparaissant, de prime abord, universaliste et bien sous tout rapport, le film écorne quand même, au passage, la société conservatrice coréenne où on ne doit pas montrer ses sentiments (la sexualité est, d’ailleurs, totalement exclue du film) et où la technologie régnante (téléphones portables, SMS, technologie de pointe) n’empêche pas la présence de taudis en contrebas des bretelles autoroutières.

Comédie sentimentale et culinaire bien sympathique et rafraîchissante, Chère Martha, de la débutante Sandra Nettelbeck, nous raconte l’histoire d’une allemande, chef cuisinière, qui va devoir intégrer sa nièce dans son quotidien, une fois sa sœur morte, et qui voit parallèlement un chef italien investir sa cuisine. Au déroulement de l’histoire un peu trop téléphoné et au happy end inévitable, on préfèrera certaines séquences en marge de la double intrigue familiale et sentimentale : les scènes dans la cuisine, dans le restaurant en général, ou celles chez le psy. Très éloigné du film allemand tel que l’inconscient collectif l’imagine et porté par une juste interprétation (Martina Gedeck en charmante chef un peu dépassée par les événements et Sergio Castellito en trublion italien sont réellement convaincants), ce film devrait séduire le plus grand nombre.

Date de sortie :
- Chère Martha : 21 janvier 2004

François Bousquet
le 30/03/2002

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