Festival international de films de femmes de Créteil 2003 - Courts-Métrages

 date

du 21/03/2003 au 30/03/2003

 salle

Maison des Arts,
Créteil

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Globalement déçus par les longs-métrages de fiction (cela dit, nous étions peut-être mal tombés), nombre de courts-métrages auxquels nous assistâmes nous ravirent (à cet égard, on occultera ceux qui nous laissèrent insensibles ou pire). Au niveau du palmarès, si nous regrettons l’absence de One Night Husband pour les longs, les courts-métrages primés (Alice et Dancing in the Dust) furent en symbiose avec nos goûts personnels.

Cependant, le meilleur film dans cette catégorie (et, plus généralement, à nos yeux, de l’ensemble du Festival) fut Fueling the Fire (Le Feu aux Poudres). La même histoire (un braquage, la nuit, d’une station-service) y est filmée du point de vue de deux témoins avant que l’on apprenne la vérité avec le visionnage de la bande de vidéo-surveillance. La brillante mise en scène de l’États-unienne Tanja Mairitisch, toute entière dévolue au service du propos permettait de reposer l’éternelle et passionnante interrogation du statut du regard et de la subjectivité. Mais au-delà même de cette question, c’est l’intégralité de notre vision de la société qui est pointée du doigt dans ce somptueux court-métrage.

Si la sélection de longs-métrages de fiction ne présentait pas de films français, on put découvrir, par ailleurs, Alice de Sylvie Ballyot, intéressant portrait d’une jeune femme « à la croisée des chemins » (tandis que sa sœur se marie, elle tombe amoureuse d’une jeune femme ressemblant étrangement à celle-ci, ce qui fait alors renaître souvenirs et nostalgie). Une construction en trois couches superposées (l’enfance, le passé tout proche et le présent) alliée à une image travaillée et touchante permettent à la réalisatrice de faire naître une émotion juste et sincère.

À mi-chemin entre la fiction et le documentaire, l’Australienne Jenny Kendal signa enfin un poignant Dancing in the Dust, relatant la douloureuse condition des enfants nés d’une mère aborigène et d’un père blanc. Enlevés à leur famille par décision gouvernementale, les enfants de cette « génération volée » furent placés dans des couvents où on fit tout pour leur faire oublier leurs origines et traditions. Sans tomber dans le pathos, impliquant trois générations successives de femmes, la réalisatrice réussit à évoquer sobrement et justement cet épisode du siècle dernier.

François Bousquet
le 05/04/2003

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