Festival du Cinéma Allemand 2003

 réalisateur

Christoph Hochhäusler

 date

du 15/10/2003 au 21/10/2003

 salle

L’Arlequin,
Paris

 tags

Christoph Hochhäusler / L’Arlequin

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Traditionnel rendez-vous automnal, le Festival du cinéma allemand nous proposait, comme chaque année, un panorama des productions germaniques récentes, avec, notamment, quelques films d’Outre-Rhin présentés au dernier Festival de Berlin (à cet égard, on regrettera que ne fut programmé Wolfsburg, le dernier long-métrage de Christian Petzold, auteur des très intéressants Contrôle d’identité et Rencontres dangereuses et projeté en février dernier sur la Postdamer Platz). La dernière Berlinale fut d’ailleurs l’occasion pour une bonne partie de la critique française de saluer un certain renouveau du cinéma allemand, renouveau qui se voit, en outre, confirmé par le succès public de Goodbye Lenin ! sur nos écrans.

Au vu des films présentés à l’Arlequin cette semaine (au cours de laquelle on rata, encore une fois, le coup de cœur du public, remis à Rosenstrasse de Margarethe Von Trotta), on ne saurait parler d’un véritable renouveau, mais plutôt de la confirmation d’une tendance en germe ces dernières années : les films les plus naturalistes sont souvent les plus réussis et la voie réaliste choisie par la plupart des jeunes réalisateurs allemands semble être la bonne. Prix de la FIPRESCI à la Berlinale, Au loin, les lumières dépeint, avec une exactitude qui se confond avec une approche documentaire, le quotidien autour de la frontière germano-polonaise, près de Francfort-sur-l’Oder ; s’y côtoient ainsi réfugiés ukrainiens voulant rejoindre l’Allemagne, patrons et traductrices de firmes allemandes et polonaises, chauffeur de taxi s’improvisant passeur et trafiquant de cigarettes à la petite semaine. Si Hans-Christian Schmid n’évite pas quelques scories, son film, bercé par la musique de The Notwist, s’avère être une juste métaphore des relations germano-polonaises et l’illustration des illusions perdues où les lumières au loin ne sont pas seulement celles de la grande ville, mais aussi les gyrophares de police et les projecteurs des garde-côtes.

Pareillement présenté à Berlin et également très remarqué, Le Bois Lacté est une variation contemporaine sur le thème d’Hansel et Gretel : deux enfants abandonnés par leur belle-mère errent dans une forêt à la frontière germano-polonaise (décidément très présente dans les récentes productions allemandes, comme, plus généralement, l’ex-RDA). Constamment angoissant sans pour autant être plombant, le film de Christoph Hochhaüsler effraie, sans violence, en mettant en balance la satisfaction à la fois sereine et tourmentée de la belle-mère, d’une part, et le refus de voir la vérité du père, d’autre part. Ajoutant à cela des qualités plastiques indéniables et un retour sous-jacent sur ce fameux « passé qui ne passe pas », le réalisateur munichois signe là probablement le meilleur film de la semaine.

On passera rapidement sur Une offrande musicale, pensum historico-musical lourdaud et prétentieux de Dominique de Rivaz et sur Le Miracle de Berne, mélo sirupeux de Sönke Wortmann mettant en parallèle l’épopée victorieuse de l’Allemagne lors de la Coupe du Monde 1954 vue à travers les yeux d’un enfant et le retour de son père, prisonnier de guerre en Russie, pour s’attarder sur le convaincant Schussangst. Conche d’Or au dernier Festival de San Sebastien, le film de Dito Tsintsadze, géorgien d’origine, décrit la jalousie destructrice d’un jeune homme voulant se venger du beau-père de sa copine qui la viole. Tempéré par des moments burlesques nous faisant penser aux films d’Otar Iosseliani, autre géorgien, ce drame psychologique surprend au final par son propos démontrant que même une certaine jalousie exacerbée peut permettre à un personnage bien transparent au début d’exister.

Ersatz allemand de Raging Bull, Cœur d’éléphant, premier film de Züli Aladag, s’en sort, malgré un scénario assez convenu, des passages obligés non évités et quelques tics véristes (caméra sans cesse en mouvement, gros grain de la pellicule), par la qualité de l’interprétation de Daniel Brühl (le héros de Goodbye Lenin !) qui porte entièrement le film sur ses épaules.

La programmation sera reprise à la Cinémathèque de Toulouse et à l’Institut Lumière de Lyon.

Dates de sortie :
- Au loin, les lumières : 14 avril 2004
- Le Bois Lacté  : 4 août 2004

François Bousquet
le 30/10/2003

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