Festival Premiers Plans d’Angers 2004 - Reprise du Palmarès

 réalisateur

Benjamin Heisenberg

 date

du 16/01/2004 au 25/01/2004

 salle

Forum des Images,
Paris

 tags

Benjamin Heisenberg / Forum des Images

 liens

Forum des Images

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(Cinémathèque Française)

Heureuse initiative que celle de la nouvelle direction du Forum des Images de reprendre, en trois séances, tout au long d’une même soirée, le palmarès de Premiers Plans, festival angevin consacré aux premiers films européens et dont la seizième édition s’est tenu le mois dernier.

Répartis eux-mêmes dans trois catégories (films d’écoles européens, premiers courts-métrages français et premiers courts-métrages européens), les courts-métrages qui nous furent offerts s’avérèrent globalement convaincants. Grand Prix du Jury des films d’écoles européens, L’Opportunité (Die Gelegenheit) de Benjamin Heisenberg se situe dans la veine naturaliste de ce cinéma allemand revigoré depuis deux ou trois ans (Heisenberg se trouve, d’ailleurs, être le co-scénariste du très réussi Bois Lacté de Christoph Hochhaüsler, vu en octobre dernier au Festival du Cinéma Allemand et également en compétition à Angers) et narre la rencontre d’un jeune homme de 18 ans avec un homme d’une trentaine d’années qui veut faire l’amour avec lui. Jouant sur une tension continue grâce à un habile travail sur le son, le réalisateur allemand parvient à rendre parfaitement compte de la tourmente et de l’ambiguïté des personnages. Histoire du bloc C (Poveste la scara C) du Roumain Christian Nemescu se veut une chronique légère de la vie d’une famille dans un immeuble lambda où un ascenseur et une ligne de téléphone rose vont bouleverser la vie des parents et de leur fils, adolescent emprunté qui se révèlera peu à peu.

Grand Prix du Jury des courts-métrages français, Ca fait mal à mon cœur de Stéphanie Noël dépeint le quotidien d’une femme et de ses quatre filles après le départ de leur père. Parfois un peu trop attendu dans son scénario (la pièce de théâtre interprétée par une des filles, le week-end en bord de mer), le film témoigne d’une véritable sincérité et confirme les qualités de Marie Bernardaud, déjà appréciée dans Les Corps impatients de Xavier Giannoli. Film d’animation en pâte à modeler, La Méthode Bourchnikov de Grégoire Sivan, Prix du Public, arrive à brasser à la fois réflexions sur le processus de création artistique, transmission de père à fils et légère critique de la société du spectacle.
Récompensé par le public, (In)version ((A)Torzija) du Slovène Stefan Arsenijevic relate une des nombreuses anecdotes survenues aux abords du tunnel reliant, pendant la guerre, le centre de Sarajevo à l’extérieur de la ville. Si la parabole sur la vie qui continue pendant les affrontements peut sembler un peu facile, l’ensemble reste néanmoins sympathique. Grand Prix du Jury, Nom et matricule (O nome e o N.I.M.) de la Portugaise Ines Oliveira, évocation d’un week-end en permission de quelques troufions en train de faire leur service militaire, intrigue tant que les images ne sont que des photos en noir et blanc avant de devenir très banal avec le passage à la couleur et à l’image en mouvement.

Grand Prix des premiers longs métrages européens, Les Vieilles (Starukhi), film pittoresque et truculent du Russe Gennady Sidorov, raconte l’arrivée dans un village perdu, où n’habitent que des « babouchkhi », d’une famille musulmane venue d’Asie centrale : choc des cultures, incompréhension de l’autre (intelligemment rendue par la non-traduction des propos non échangés en russe), apprivoisement progressif sont convoqués, mais dans une allégresse gentiment loufoque proche de celle de Chat noir, Chat blanc d’Emir Kusturica. Si la morale est, bien évidemment, sauve (il faut savoir s’ouvrir à l’autre), le film ne s’aventure jamais dans le prêche et conserve, tout du long, sa liberté de ton (notamment via son antimilitarisme prononcé). Remarqué et déjà primé dans son pays d’origine, La Faiblesse du Bolchevique (La Flaqueza del Bolchevique) de l’Espagnol Manuel Martin Cuenca est une variation contemporaine sur le Lolita de Nabokov porté par ses deux principaux interprètes (Luis Tosar, vu dans Les Lundis au Soleil, et la débutante et prometteuse Maria Valverde). Flirtant parfois dangereusement avec le téléfilm (image bien lisse, intrigue vite délimitée, situations récurrentes) ou une certaine mièvrerie, le film parvient à s’en extirper en jouant sur la dialectique classique dominant/dominée (où celui qui maîtrise l’autre n’est pas celui que l’on croit).

Date de sortie :
- Les Vieilles : 10 novembre 2004

François Bousquet
le 30/01/2004

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