Festival Baltyk-ŏ-Balkan 2004

 date

du 27/04/2004 au 04/05/2004

 salle

Cinéma des Cinéastes,
Paris

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Cinéma des Cinéastes

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Profitant du passage à vingt-cinq de l’Union Européenne, l’association Baltyk-ŏ-Balkan proposa, pendant une semaine, le premier festival du film est-européen. Offrant d’une part une compétition de six films récents inédits en France et d’autre part un panorama avec des longs-métrages marquants des cinquante dernières années, le festival fut l’occasion d’appréhender un peu mieux les cinématographies de l’Europe Balte et Orientale. On déplora cependant quelques petits problèmes d’organisation, probablement dus au nécessaire rodage que requiert une telle manifestation, et, surtout, un sous-titrage peu inspiré : fautes d’orthographe basiques, erreurs de grammaire ou de ponctuation, phrases entières non retranscrites, jeux de mots traduits à la truelle (la comparaison avec le sous-titrage anglais faisait peine à voir), noms propres francisés… un comble quand on pense que Titra Films était partenaire du festival et nous assénait un écran publicitaire avant chaque projection. Faute de temps, nous ne pûmes voir que trois des six films en compétition et ratâmes notamment Somnambuul, long-métrage estonien qui apparaissait, a priori, comme le plus intéressant des films projetés, présenté en compétition et salué par la critique à Rotterdam en janvier dernier ; ce pressentiment allait, du reste, être confirmé par la remise du seul et unique prix du Festival Baltyk-o-Balkan à ce film.

On débuta donc par Teso, premier film du Hongrois Zsombor Uyga, relatant la relation entre deux frères : petits boulots, filles faciles et recherche du grand amour. Derrière une esthétique de série télé américaine qui verse parfois dans un alignement de tics (subite accélération du continuum narratif, monologue face caméra du héros, filtre bleuté, enjeux limités et happy end évident) percent une étude convenable des rapports entre les frères et un refus de s’appesantir sur la morosité de la cité où ils vivent qui positionnent clairement le film du côté de la vie.

A l’inverse, Maria du Roumain Peter Calin Netzer se place, dès son carton préalable (« ce film est tiré d’une histoire vraie »), dans une posture misérabiliste et culpabilisatrice faite de pathos lourdaud et de voyeurisme sous-jacent. Sont ainsi convoqués ralentis suggestifs et musique sur-signifiante pour que l’on saisisse bien le calvaire de Maria (un prénom certainement choisi au hasard…), femme battue, mère exploitée, finalement obligée de se livrer à la prostitution. Un idéal téléfilm prélude à un débat à la Delarue ou Dumas, donc, mais de cinéma, point (et pourtant il obtint, l’été dernier à Locarno, le Prix Spécial du Jury et ses acteurs les Prix d’Interprétation).

Partant, Sweet Dreams, du Slovène Saso Podgoresk, nous apparut assez aisément comme le meilleur film vu pendant la semaine. Dans la Slovénie communiste de 1973, un adolescent découvre la vie et les premières fois (première clope, premier joint, premiers émois amoureux). Doublement daté (trente ans en arrière et sous un régime qui a disparu), cet attachant film d’apprentissage parvient à ne jamais paraître figé, même si l’imagerie traditionnelle des 70’s est bien présente (John Lennon, T-Rex, Easy Rider) ; son strict respect des codes et passages obligés de ce type de long-métrage (la découverte des filles, les petites transgressions à l’école, l’excitation éphémère via des photos érotiques ou des scènes de sexe au cinéma) en faisant presque un film de genre. De plus, Saso Podgoresk évite habilement l’écueil de la nostalgie béate en donnant de l’épaisseur à ses personnages et en cultivant leur ambiguïté (le prof de gym est ainsi à la fois pédophile et héros de la résistance anti-communiste).

Date de sortie
- Maria : 30 mars 2005

François Bousquet
le 07/05/2004

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