Festival des 3 Continents 2004 - Reprise du palmarès

 date

du 23/11/2004 au 30/11/2004

 salle

Mk2 Bibliothèque,
Paris

 tags

Mk2 Bibliothèque

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En début d’année 2004, nous avions eu l’heureuse surprise de voir le palmarès des Premiers Plans d’Angers repris au Forum des Images ; en cette fin d’année, c’est celui des 3 Continents de Nantes qui s’est vu, pour la première fois (phénomène qu’on espère se pérenniser), diffusé, cette fois-ci au MK2 Bibliothèque. Depuis 25 ans, le festival nantais met à l’honneur les productions d’Asie, d’Amérique du Sud et d’Afrique, proposant films en première mondiale et autres inédits en France. Cette année, sur les huit principaux prix décernés, cinq sont allés à deux films, jury et public mettant donc délibérément l’accent sur Jour et Nuit et Bombon le Chien.

Jour et Nuit, second long-métrage de Wang Chao (après L’Orphelin d’Anyang, sorti ici il y a deux ans et demi et présenté à Cannes, à Un Certain Regard, en 2001) débute à l’instar de ces chroniques du quotidien, entre mutisme et description précise de la pauvreté de la vie de mineurs d’une petite ville chinoise. Puis, un coup de grisou vient bouleverser cette existence et force Quangsheng, le héros, à sortir de son rôle de petit ouvrier besogneux et appliqué. Dès lors, le film s’élève (cadre impeccable, superbe contraste entre le charbon et la neige qui entoure le puits) à mesure que le personnage se révèle à lui-même : il reprend la mine abandonnée par l’Etat, s’occupe du fils de son « maître » mort dans l’accident, lui trouve une femme et redresse complètement la situation économique. Nettement plus convaincant que son précédent film, Jour et Nuit (qui reçut la Montgolfière d’Or, premier prix du festival, le prix de la mise en scène et celui du jeune public) place véritablement Wang Chao dans les tous premiers rangs des réalisateurs chinois de la « sixième génération ».

Déjà primé par la FIPRESCI à San Sebastian, Bombón le Chien, le nouveau film de l’Argentin Carlos Sorin, s’est vu récompensé à Nantes de la Montgolfière d’Argent et son héros du Prix d’Interprétation. Cinquantenaire sympathiquement candide, Juan Villegas est viré de son poste de mécanicien et tente alors de retrouver du travail ; au gré de ses rencontres, il se voit offrir un chien qui va lui ouvrir de nouvelles perspectives : expositions canines, entrée dans le monde de l’élevage, etc… Comme dans Historias Minimas, son précédent long-métrage, on retrouve, dans ce film agréable et tendre, le goût de Sorin pour les vastes espaces de Patagonie, son profond amour de ses personnages, la grande humanité de ceux-ci et l’optimisme à tout rompre dont il les part.

Restaient donc trois autres films parmi ceux distingués (nous n’en vîmes que deux, ratant Un de Deux d’Alejo Hernan Taube, Prix Spécial du Jury).
La Boutique, premier film de l’Iranien Hamid Nematollah, nous narre l’histoire de Jahan, beau gosse, la trentaine, gérant d’une boutique de fringues, qui tombe sous le charme d’Eti, adolescente aux aspirations idéalistes (quitter le pays, devenir riche). Voulant lui faire plaisir avec de nombreux cadeaux, il s’endette et doit s’improviser passeur d’opium. S’il se fait parfois trop répétitif dans la description des rapports entre les deux protagonistes (Eti est très libérée et profondément adolescente alors que Jahan est tout en intériorité et pouvant exploser à tout instant mais les deux se retrouvent via une commune volonté de rompre avec les codes traditionnels iraniens), le film propose un portrait intéressant de la jeunesse iranienne servi par une forte interprétation (Golshifte Farahani a d’ailleurs été primée) et par quelques belles idées de mise en scène (on retiendra celle-ci : le métro passe, les héros restent à quai, on les voit donc par bribes ; lui reste immobile, elle danse).

Prix du Public, Un Héros de l’Angolais Zézé Gamboa raconte l’histoire parallèle de Vitorio, mutilé de guerre, obligé de dormir dans la rue et à qui on va voler sa prothèse et de Manu, adolescent oscillant entre petits larcins et volonté de réussir à l’école. Si le film n’évite pas certaines scories narratives (la pute au grand cœur, la maîtresse d’école faisant office de bon samaritain, un happy end attendu), l’ensemble évite le pathos et permet de prendre davantage conscience de la situation des démobilisés dans ce pays mal connu.

Dates de sortie :
- Jour et Nuit : 2 février 2005
- Bombón le Chien : 31 août 2005
- Un Héros : 7 décembre 2005

François Bousquet
le 04/12/2004

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