Festival du Cinéma Allemand 2008

 réalisateur

Christian Petzold

Nicolette Krebitz

 date

du 15/10/2008 au 22/10/2008

 salle

L’Arlequin,
Paris

 tags

Christian Petzold / L’Arlequin / Nicolette Krebitz

 dans la même rubrique
du 26/05/2016 au 05/06/2016
Quinzaine des Réalisateurs 2016 - Reprise de la sélection
(Forum des Images)
du 22/01/2016 au 31/01/2016
Festival Premiers Plans d’Angers 2016 - Reprise du Palmarès
(Forum des Images)
du 28/11/2015 au 06/12/2015
EntreVues - Festival International du Film de Belfort 2015 - (...)
(Cinémathèque Française)
du 22/11/2014 au 30/11/2014
EntreVues - Festival International du Film de Belfort 2014 - (...)
(Luminor Hôtel de Ville)

À tout seigneur, tout honneur, cette (courte) évocation du treizième Festival du cinéma allemand débute par la recension du nouveau film de Christian Petzold. Le chef de file de la nouvelle génération de cinéastes germaniques nous a précédemment offert des longs-métrages aussi marquants que Contrôle d’Identité, Gespenster ou Yella (à cet égard, on regrettera que seul le premier d’entre eux ait été distribué en France). Jerichow, après avoir fait partie de la sélection officielle de la dernière Mostra de Venise, arrivait donc fort de cet héritage. Autant le dire tout de suite : il s’agit là d’un Petzold mineur, centré une nouvelle fois sur les rapports humains (un triangle amoureux au sein duquel l’argent va jouer, en creux, un rôle essentiel), mais dépourvu du léger fantastique qui parcourait Gespenster et Yella ou des réflexions sur le monde de la finance qu’on trouvait dans ce dernier film. Plus proche dès lors de Rencontres Dangereuses ou Wolfsburg (autres réalisations du Berlinois), Jerichow se distingue en outre par une photo nettement moins clinique que par le passé, privilégiant des couleurs chaudes à même de refléter l’atmosphère des sous-bois et des bords de la Baltique. Avec Nina Hoss (habituée des films de Petzold) dans le rôle de la femme au centre de ce noir jeu à trois, le long-métrage développe un récit un peu trop linéaire et attendu tandis que la mise en scène de l’Allemand se fait moins virtuose et radicale qu’auparavant, confirmant ce sentiment que le cinéma du Berlinois a connu meilleure fortune.

Place ensuite au premier long-métrage de Niels Laupert, attaché au quotidien de deux adolescents, errant de barres d‘immeuble en bouches de métro, se bourrant la gueule tous les soirs et alternant dégradations urbaines et délits plus ou moins graves. Sur cette trame déjà trop rebattue, Sept Jours Dimanche n’apporte rien de nouveau et se perd même dans une complaisance que quelques pauvres effets stylistiques ne parviennent nullement à endiguer. De fait, la mise en scène se limite, sans distanciation aucune, à suivre Adam et Tommek, avec ralentis appuyés lors du passage à l’action et final où l’image du premier nommé est superposée (il court dans le soleil, d’une part, et traverse un couloir de prison, d’autre part) tandis que les cordes du Roads de Portishead se font plus qu’insistantes.

Aussi peu convaincant, Les Temps Paisibles est une comédie indigente réalisée par Neele Leana Vollmar. Celle-ci, sans vergogne ni scrupule, n’hésite pas, dans son évocation d’une crise de couple dans les années 1960, à surfer sur des thématiques largement épuisées : ostalgie post-Goodbye Lenin !, enfants rois prenant les décisions à la place des parents, voix off de ces enfants sur-commentant chaque action, désespoir des femmes au foyer des banlieues pavillonnaires, happy-end inévitable. Bref, rien ne nous est épargné, pas même l’ennui qui point dès les premières minutes du film.

Nettement moins rassembleur, Le Cœur est une étrange forêt obscure nous permet de retrouver Nina Hoss en mère découvrant la double vie de son mari. Le long-métrage mêle alors trame narrative naturaliste, ambiance onirique (une grande scène de bal masqué nocturne dans un château renvoie aussi bien à Eyes Wide Shut qu’au Grand Meaulnes), veine plus baroque (dans le jeu des comédiens ou la composition de certains plans) et influences théâtrales (le film se revendique comme une relecture contemporaine de Médée, les flashes-back voient les protagonistes intervenir sur un plateau nu, l’ensemble respecte les trois unités classiques en se déroulant dans la même ville et sur une journée et une nuit). Si Nicolette Krebitz, dont c’est le second film, ne parvient pas toujours à se hisser à la hauteur de ces ambitions, éprouvant quelques difficultés à tenir son récit et à faire ressortir une véritable personnalité, son projet ne manque cependant pas d’une certaine audace qu’il convient de saluer.

La programmation du festival sera reprise à Lyon du 6 au 11 novembre 2008.

Date de sortie :
- Jerichow : 22 avril 2009

François Bousquet
le 23/10/2008

À lire également

du 15/10/2003 au 21/10/2003
Festival du Cinéma Alleman
(L’Arlequin)
du 29/09/2010 au 05/10/2010
Festival du Cinéma Alleman
(L’Arlequin)
du 02/10/2002 au 09/10/2002
Festival du Cinéma Alleman
(L’Arlequin)