Thomas Peter

Medir

(Domizil / Metamkine)

 date de sortie

00/04/2009

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Glitch / Electroacoustique

 appréciation

 écouter

Album complet (MP3)

 tags

Domizil / Electroacoustique / Expérimental / Glitch / Thomas Peter

 liens

Domizil
Thomas Peter

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Thomas Peter est un compositeur suisse qui sort ici son premier album solo après avoir fait partie de groupes pop-rock dans les années 90 dont en particulier Religious Overdose. Il est depuis revenu à la musique électronique, voire électroacoustique, travaillant principalement pour le théâtre et la mise en son d’installations. On a par deux fois déjà évoqué le label suisse Domizil, avec deux albums très différents, allant de l’electronica à des musiques plus expérimentales sur la compilation conceptuelle Transient Travels, et c’est plutôt dans cette veine que se situent les trois dernières sorties du label répartie entre avril et juin de cette année.

Medir est un album particulièrement électronique, très certainement entièrement composé au laptop sur des outils de synthèse sonore, mais dans lequel on retrouve régulièrement une dimension acoustique, voire orchestrale, que ce soit dans le choix des sonorités avec des tintements faisant penser à un métallophone sur #9_7.open et #11_9.muot, ou dans le traitement général du son et de la gestion de l’espace via des reverb particulièrement présentes sur #3_3.steps.shifted ou #10_8.side2.
Il se trouve que l’espace est le sujet même de l’album, "medir" étant le verbe espagnol signifiant "mesurer", et l’artiste ayant cherché à recréer sur chaque morceau des espaces imaginaires, caractérisés par leurs dimensions, leur volume, leur structure, soit autant de propriétés qui ont leur influence sur la matière sonore. Il en résulte des ambiances très différentes, parfois même au sein d’une même pièce comme le très fracturé #4_4.rotate qui se termine par un drone lancinant et menaçant tandis que #5_5.parts12 atteint des sommets de douceur même si le flottement ambiant peut laisser suggérer un rapide changement de ton.
Mais ce qui marque globalement chez Thomas Peter, c’est la finesse de son travail. Des sonorités pures et précises, une multitude de glitchs, craquements, frétillements sourds donnant l’impression d’être entouré d’insectes (#7_6B.sustained), donnant vie à des abstractions lancinantes, faites de nappes et tonalités sinusoïdales que l’on pourra parfois trouver cliniques.

C’est le mélange de tous ces éléments (glitchs, cassures, nappes, reverb) qui fait de cet album un objet à part, a mi-chemin entre la scène laptop la plus aride (Mego) et les musiques contemporaines acousmatique, un peu comme si Pita avait enregistré au GRM.
A noter enfin que Domizil a adopté une démarche plutôt originale pour sa distribution, puisque pour ceux qui peuvent se contenter de MP3, l’album est en libre téléchargement sur le site du label et en licence Creative Commons, mais il est également disponible en tant qu’objet physique dans un packaging original en carton plié.

Fabrice ALLARD
le 04/09/2009

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