VRAOUM ! Trésors de la bande dessinée et art contemporain

 date

du 28/05/2009 au 27/09/2009

 salle

Maison Rouge,
Paris

 appréciation
 tags

Andy Warhol / Bertrand Lavier / Bruno Peinado / Gilles Barbier / Jean-Michel Basquiat / Keith Haring / Maison Rouge / Matt Mullican / McDermott & McGough / Philippe Mayaux / Philippe Parreno / Pierre Huyghe / Rivane Neuenschwander / Roy Lichtenstein / Sammy Engramer / Virginie Barré

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Maison Rouge

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Autant le dire tout de suite : nous nous rendions à VRAOUM ! Trésors de la bande dessinée et art contemporain avec pas mal de scepticisme. Entre l’ennui que nous procure régulièrement le plat étalage de planches de BD et la tarte à la crème que constitue la rencontre entre pratique artistique populaire et œuvres plastiques contemporaines, nous nous demandions bien comment cette exposition allait pouvoir nous captiver. Pourtant, comme souvent à la Maison Rouge d’ailleurs, on sut trouver de véritables satisfactions afin de ressortir nettement plus emballé qu’à l’entrée.

Alors évidemment, et après avoir pris le parti de ne pas aller au-delà du simple regard jeté sur les (nombreuses) planches présentées, les pièces d’art contemporain auxquelles on pouvait s’attendre sont là. De la série Walt Disney de Bertrand Lavier au Mickey Mouse de Keith Haring, du Cow Tryptich de Roy Lichtenstein au film de Philippe Parreno et Pierre Huyghe mettant en scène Ann Lee, du Duck General de Richard Jackson à une toile de McDermott & Mc Gough, d’un travail de Warhol à un dessin de Basquiat, aucune des tentatives d’appropriation du medium BD par les principaux créateurs contemporains ne manque à l’appel. S’il serait malvenu de reprocher à David Rosenberg et Pierre Streckx, commissaires passionnés, d’avoir exposé des œuvres qu’il est toujours intéressant de voir, on ne trouvera là aucune surprise.

Par ailleurs, on fut peu convaincu par le travail trop littéral des artistes partant des cases de BD pour s’attacher aux onomatopées chez Tintin (Jochen Gerner et son célèbre TNT en Amérique) ou en découper de petites parties (Matt Mullican). Seule Rivane Neuenschwander parvient à dépasser ce stade en ne conservant que la trace des phylactères sur le mur, permettant au public de laisser libre cours à son imagination pour remplir, à la craie, les cases et bulles. Cet attachement à la forme fait aussi la réussite du Sans Parole de Sammy Engramer (phylactère en néon) et du  !? d’Achraf Touloub (points d’interrogation et d’exclamation sculptés en bois et semblant sortir de la cimaise).

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Olivier Babin - The Great Escape
courtesy Galerie Frank Elbaz

Même approche distanciée chez Philippe Mayaux avec son wall-painting The Cave, dessin en blanc sur fond noir d’une grotte dont les parois laissent apparaître le visage de Donald. Plus ironique encore, Olivier Babin dispose, au-dessus d’une miche de pain, une radiographie faisant apparaître la lime qui s’y trouve à l’intérieur (The Great Escape). Tournant en dérision les super-héros, Virginie Barré présente un Batman obèse (mais qui s’envole malgré tout) et Gilles Barbier réactive son hospice pour protagonistes de comics du troisième âge.

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David Mach - Mickey Matchhead
courtesy Ace Gallery

Dans un mouvement similaire, et comme s’il fallait à tout prix s’affirmer en tuant le père, plusieurs artistes entreprennent de détruire les personnages Disney. David Mach fait croquer Mickey par une tête en allumettes (Mickey Matchhead), Arnauld Colcomb transforme la souris en carpette façon tapis en peau de bête et Hyungkoo Lee décharne Dingo pour n’en garder que le squelette. On conclut la visite par la salle dédiée à la BD érotique, espace plutôt raté en vérité, au sein duquel on se demande ce que vient faire le Barbouille de Bruno Peinado, sympathique et jovial personnage de Barbapapa, entre le Mickey Wiagra d’André (fort bien équipé, comme il se doit) et les planches de Vuillemin et Reiser.

François Bousquet
le 07/09/2009

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