Múm / Benni Hemm Hemm / Landscape

 date du concert

08/09/2009

 salle

Maroquinerie,
Paris

 tags

Óbó / Benni Hemm Hemm / Hildur Guðnadóttir / Landscape / Maroquinerie / Múm

 liens

Múm
Benni Hemm Hemm
Maroquinerie
Hildur Guðnadóttir
Landscape

Que leurs albums soient excellents (Yesterday was Dramatic, Today is OK et Finally We Are No One), corrects (Summer Make Good et le tout récent Sing Along To Songs You Don’t Know) ou plus décevant (Go Go Smear the Poison Ivy), les Islandais de Múm effectuent toujours une large tournée européenne, s’arrêtant très régulièrement à Paris (il s’agissait ce soir-là de leur huitième passage en neuf ans). Si nous avons été au rendez-vous environ une fois sur deux, nous tentâmes à nouveau l’expérience cette fois-ci, dans une Maroquinerie affichant complet et, partant, transformée en étuve.

Pour débuter, les organisateurs avaient, histoire de faire découvrir le groupe à ce nombreux public, convié les Français de Landscape dont on avait un souvenir assez lointain de leur album sorti en 2005 sur Square Dogs. Depuis, un nouveau long-format a paru et le post-rock instrumental du groupe s’est paré de pistes vocales. Aussi, on est maintenant dans une veine davantage post-folk avec son lot de ballades assez mélancoliques, servi par un chant où on préféra largement Benoît Guivarch et Guillaume de Chirac à Steffen Charon (voix nasillarde et « yaourtesque »). Enfin, sur le joli Someday, forte présence violoncelle et saturation de la guitare se conjuguèrent avec réussite pour clôturer une honnête demi-heure.

Deuxième première partie (mais pour la totalité de la tournée cette fois), Benedikt H. Hermannsson était censé officier en solo pour présenter son projet Benni Hemm Hemm. En vérité accompagné d’un autre guitariste et d’un trompettiste (tous deux membres de Múm), l’Islandais livra une suite de comptines folk bien troussées, mélodiquement aboutie et plutôt fraîche, bien dans la lignée de ses enregistrements studio, donc. On déplora néanmoins quelques facilités gentillettes à l’image de sifflements doublant la mélodie jouée en même temps par la trompette dans Sól Á Heyhóla mais, là encore, la demi-heure passa agréablement.

Ne sachant pas trop quoi attendre de Múm, partagé entre le souvenir de très bons concerts et disques au début des années 2000 et le sentiment de petite routine qui s’est installé ensuite chez les Islandais, on se concentra tout d’abord sur la disposition scénique du groupe. Les sept musiciens étaient répartis sur toute la largeur de la scène, Hildur Guðnadóttir et Sigurlaug Gísladóttir placées au milieu de celle-ci, juste devant la batterie, et Gunnar Örn Tynes, leader de la formation, debout côté cour. Cette mise en place faisait donc la part belle aux deux jeunes femmes qu’on put alors observer avec précision, ce qui ne fut pas nécessairement une bonne chose. La première (dont ces pages viennent d’évoquer l’album solo sur Touch) alterna danse frénétique et petits cris rapidement pénibles tandis que la seconde se perdit dans des postures vite ridicules (sourire béat, quasi-niais, bras tendus et paumes de mains tendues vers le public) et s’avéra incapable de taper dans les mains en rythme. Musicalement, ce fut, pour le set principal, une succession de titres piochés dans les deux derniers albums du groupe et, comme on l’avait souligné à l’époque de leur recension, la source d’inspiration s’est diablement tarie : constructions quasi-identiques d’un titre à l’autre, présence récurrente de chœurs à la tierce, onomatopées nombreuses. Quelques passages se détachèrent cependant du lot comme la basse très appuyée d’A Little Bit, Sometimes ou la dimension enjouée d’Hullaballabalú. Enfin, on ne saurait passer sous silence le rappel où, après une heure d’un set limite plan-plan, la formation islandaise décida de passer la vitesse supérieure avec un Green Grass Of Tunnel salué par le public dès ses premières mesures. Pour ce dernier titre, au lieu de se focaliser sur la jolie mélodie, les musiciens choisirent de mêler jeu frénétique de leurs instruments et poussées électroniques (jusqu’à 117 dB au compteur), histoire de se rappeler que Múm a su briller en tant que formation uniquement instrumentale. Puissent les Islandais s’en souvenir plus fréquemment à l’avenir…

François Bousquet
le 11/09/2009

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