Sonia

 auteur

Tatiana Tolstaya

 metteur en scène

Alvis Hermanis

 date

du 22/09/2009 au 08/10/2009

 salle

Théâtre Monfort,
Paris

 appréciation
 tags

Tatiana Tolstaya / Théâtre Monfort

 liens

Théâtre Monfort

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Habitué des traductions scéniques d’œuvres non initialement dramaturgiques (romans, l’album The Sound Of Silence de Simon & Garfunkel), le metteur en scène letton Alvis Hermanis s’est attelé cette fois-ci à une nouvelle de l’écrivain russe Tatiana Tolstaya. Présentée à Avignon en 2008, le spectacle s’installe pour trois petites semaines à Paris, au Théâtre Silvia Monfort, lieu où nous étions allés à quelques reprises il y a une dizaine d’années avant de le laisser de côté.

Dans un intérieur russe de l’entre-deux guerres, reconstitué avec un soin certain du détail (bibelots, vaisselle et vêtements en témoignent), deux hommes pénètrent et, muets, commencent à cambrioler l’appartement. Bien vite cependant, l’un d’entre eux se retrouve affublé d’une robe et d’une perruque féminine et va incarner Sonia, dont l’autre, feuilletant albums photos et dévorant un gâteau au chocolat, va, entre burlesque et mélodrame, narrer l’histoire. La pauvre femme, risée de tout son voisinage, reçoit d’un mystérieux soupirant des lettres, écrites en réalité par une bande de joyeux lurons voulant se divertir à peu de frais. Tandis que Sonia se languit d’amour, répond avec fièvre et, chaque soir, contemple une étoile en même temps que son amoureux fictif, la farce commence à tourner mal du côté des contrefacteurs. On le constate rapidement, l’argument, tiré d’une nouvelle donc, s’avère un peu court, obligeant les deux comédiens à délayer leur jeu au maximum et à multiplier les passages sans parole.

Alors que ces moments pourraient favoriser l’empathie du public, l’imprégnation d’un univers, voire une forme d’identification, ils contribuent à l’inverse à tenir le spectateur à distance de la pièce. Sentiment largement renforcé par une accumulation de petits éléments significatifs : d’un proscenium trop profond (conférant au cadre de scène un air de « petit théâtre », presque de théâtre de marionnettes) à la mise en abyme induite par le dispositif général, du comédien masculin grimé outrageusement en femme à la langue russe surtitrée. Par conséquent, on peine à ne pas se sentir à l’écart d’une dramaturgie qui, pourtant, après une suite de scènes de moquerie de cette faible femme, se termine de manière moins facile et plus sombre.

Autres dates :
- du 26 au 29 janvier 2011 : TNT - Toulouse

François Bousquet
le 27/09/2009

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