sexAmor

 auteur

Pierre Meunier

 metteur en scène

Pierre Meunier

 date

du 02/11/2009 au 28/11/2009

 salle

Théâtre de la Bastille,
Paris

 appréciation
 tags

Pierre Meunier / Théâtre de la Bastille

 liens

Théâtre de la Bastille

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Fidèle au Théâtre de la Bastille (et réciproquement), Pierre Meunier quitte son exploration de la minéralité (Le Bleu des Pierres, Le Tas, Au milieu du désordre) pour se tourner vers le couple, éternel sujet traversant les plateaux et les âges. Mais comme on ne se refait jamais totalement, le spectacle débute alors que le Français manipule des fils accrochés à des sortes de grosses cloches et au bout desquels sont pendus des poids. Leur maniement va produire des sons entre chocs métalliques et coups sourds à la résonance profonde, tandis qu’il nous narre l’histoire d’un capitaine de bateau pris dans une tempête. Cet incipit pose ainsi l’approche qui va dominer l’ensemble de la pièce : présence de mécanismes et métaphore du discours amoureux.

Mêlée à la diffusion d’improvisations à la guitare électrique par Jean-François Pauvros, la première verra utilisés grandes plaques de cuivres et clous larges comme des pieux, chaînes, poulies et constructions de toutes sortes. Associée à ce travail, Nadège Prugnard peut aussi bien apparaître dans toute sa féminité (robe blanche à la Marylin, escarpins bleus turquoises) que faire montre d’un caractère plus animal (lorsqu’elle lance les pieux sur un billot carré, par exemple). Conforme à ce que l’on connaissait du travail de Pierre Meunier, cette veine ne dépasse donc pas le stade de la confirmation d’un savoir-faire et d’un univers.

C’était donc plutôt sur l’autre versant de sexAmor que l’on attendait le créateur qui y verse malheureusement dans un symbolisme trop marqué. Deux exemples simplement pour faire état de ces allégories pesantes, voire lourdaudes. Au milieu du spectacle, Nadège Prugnard est suspendue en hauteur et verse, au niveau de son entrejambe et par saccades, le contenu d’une bouteille d’eau tandis que Pierre Meunier, posté en bas, lui demande de l’attendre avant d’aller chercher une fontaine artisanale qui produira de petits jets montant vers la jeune femme. La dernière scène de la pièce, pour sa part, voit les deux protagonistes, tirer sur des cordes pour actionner, l’un, un long rouleau de papier argent, et l’autre un gros pneu ; et qu’advient-il au bout de quelques secondes ? le rouleau entre dans le pneu !

Plutôt que ces patauds passages, on préféra conserver en mémoire quelques jolis tableaux comme celui, au début du spectacle, dans lequel Nadège Prugnard s’extirpe tant bien que mal d’un tube de plastique transparent en lévitation ou celui pendant lequel elle est perchée sur un support tournant à la manière d’une poupée de boîte à musique et que lui, plutôt que de s’émerveiller sur sa beauté, s’extasie sur le mécanisme qui la soutient (« c’est magnifique, il n’y a pas un poil de jeu »). Mais c’est finalement bien maigre en comparaison des longues digressions qui ne font qu’effleurer le sujet pour mieux se rabattre sur des simili-performances comme celles décrites précédemment.

Autres dates :
- du 19 au 22 janvier 2010 : Théâtre Dijon Bourgogne
- du 26 au 30 janvier 2010 : Centre culturel André Malraux – Vandoeuvre-les-Nancy
- du 2 au 10 février 2010 : Théâtre National de Strasbourg
- 30 novembre 2010 : Estive - Foix
- 3 décembre 2010 : Théâtre - Aurillac
- du 7 au 10 décembre 2010 : Nouveau Théâtre - Besançon
- du 16 au 18 décembre 2010 : Fonderie - Le Mans

François Bousquet
le 12/11/2009

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