Chasing Napoleon

 date

du 15/10/2009 au 17/01/2010

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 appréciation
 tags

Charlotte Posenenske / Gardar Eide Einarsson / Micol Assaël / Palais de Tokyo / Ryan Gander / Tony Matelli / Tony Smith

 liens

Palais de Tokyo

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Au risque de se répéter, cette nouvelle session du Palais de Tokyo se distingue par sa capacité à vouloir à tout prix tenir une ligne directrice, tracer un fil rouge entre les différentes œuvres, sans qu’un rapport entre elles puisse être véritablement établi par le spectateur. Au sortir de l’exposition, on a un peu le sentiment que Marc-Olivier Wahler, comme ces enfants bornés, essaye de faire rentrer des volumes ronds dans des emplacements triangulaires. De fait, on nous annonce un ensemble tournant autour de la figure d’Unabomber (cet anarchiste états-unien reclus dans une cabane du Montana d’où il envoya des colis piégés à des personnalités), de l’année 1977 (à laquelle Unabomber s’installa dans sa cabane) et des « instructions pour se soustraire au regard et se réfugier dans les marges du visible » ; vaste programme, on le voit…

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Robert Kusmirowski - Unacabine
(courtesy Foksal Gallery Foundation, Varsovie et New Museum, New York)

Une partie de la session fait pourtant montre d’une belle cohérence en se concentrant sur l’aspect « replié sur soi même » et travaillant le retour à l’état de nature qu’expérimenta Unabomber. La réplique de sa cabane du Montana par Robert Kusmirowski, l’installation en terre de Christoph Büchel (reproduction de la cachette de Saddam Hussein), les portraits de l’activiste par Gardar Eide Einarsson et John Tremblay, la reconstitution de sa bibliothèque par le collectif Dora Winter, la petite installation de Ryan Gander (brèche dans le mur d’une pièce sombre par laquelle on aperçoit un peu de verdure) ou la cellule frigorifique de Micol Assaël témoignent ainsi de cette volonté de se couper du monde de l’États-unien.

En revanche, on sera nettement plus circonspect sur la présence, dans cette exposition, des œuvres (qui peuvent, et ce n’est nullement incompatible, être individuellement très intéressantes) de Tony Smith (For V.T., splendide exemple de sculpture dynamique déjà vu lors de la précédente session), Dave Allen (diffusion en ultra-son, uniquement perceptible par les chiens, d’une pièce d’Erik Satie), David Fincher (courts extraits de son Étrange histoire de Benjamin Button) ou Charlotte Posenenske (conduits en tôle d’acier). Puisqu’il s’agissait aussi de se replonger dans les années 1970, on ne sera pas surpris de trouver extrêmement datées les peintures de la série Alchemy réalisée en 1973 par Paul Laffoley. Tous ces symboles psyché (cercles concentriques, rayons lumineux, para-mysticisme du propos) nous replongent ainsi immédiatement en arrière, de même que la projection des diapositives de rues de Reykjavik prises à partir de 1977 par Dieter Roth. Enfin, attaché aussi à cette même année, qui vit l’édiction, aux États-Unis, du Community Reinvestment Act (chargé d’encadrer les prêts hypothécaires et qui a donc prouvé son efficacité toute relative), Tony Matelli brûle des billets de 500 euros, mais ceux-ci ne se consument pas. Chacun appréciera ici la téméraire dénonciation du capitalisme débridé et la provocation suprême qu’est la mise à feu de billets de banque…

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Tony Matelli - Fuck It, Free Yourself !
(courtesy de l’artiste)

François Bousquet
le 20/11/2009

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